Kilbi 2018: James Holden, l’hypnotiseur

OlivierPar Olivier  •  2 Juin 2018 à 11:29  •  Festivals, Live  •   109 views

Avec son album « The Animal Spirits », publié en fin d’année dernière, James Holden avait su piquer au vif la curiosité de beaucoup de nouveaux auditeurs. Mais était-ce possible de transposer tant de sonorités organiques une fois sur scène ? Nous avons eu notre réponse hier soir au Kilbi.

Un peu plus de 23h15, l’obscurité laisse place à la lumière sur la grande scène de Düdingen. Assis derrière ses modules analogiques, seul au milieu d’un batteur, deux cuivres et un percussionniste multitâche, se trouve le producteur anglais. Son ombre, projetée derrière lui, donne vie à des visuels colorés et diablement psychédéliques.

Rien d’étonnant d’ailleurs, ces dernières collant parfaitement à son projet le plus récent : « The Animal Spirits ». Davantage spécialisé dans la minimale précédemment, ou du moins dans un registre 100 % électronique, Holden a décidé de changer de voie et de créer une bande-son lumineuse qui s’amuse des genres établis. Acid house, psych folk, krautrock, nu jazz, quelques composants d’une recette sacrément efficace.

Fermer les yeux pour mieux voir

Les nappes électroniques virevoltent telles des feuilles dans le vent et établissent les bases des compositions, ensuite épaulées par une batterie équilibriste, dosant parfaitement entre simplicité et rythmes syncopés, avant que les cuivres (trompette et saxophone ténor) terminent le travail avec des basses éléphantesques. L’improvisation fait le reste, ouvrant des portes nouvelles à chaque titre. On se retrouve dans des paysages vivants, la répétition rappelant le cycle des saisons, les mélodies évoquant celui du climat.

Les regards se perdent dans les images diffusées, les jambes se lâchent, les têtes battent la mesure et la foule devient quasiment silencieuse, pour la première fois de cette édition. La musique de James Holden et ses compères fait mouche, le pouvoir d’attraction est puissant.

Les titres se succèdent, laissant simplement le temps au Britannique de remercier l’audience discrètement avant de repartir plus loin dans son aventure organique emplie d’émotion. Il ne reste plus qu’à fermer les yeux et partir avec lui.

Mince, qu’est-ce que c’était beau.

 

Bad Bonn Kilbi

Düdingen, CH

31.05-2.06 2018
 
Auteur:
Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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