Kilbi 2016: Le triomphe du post-punk

OlivierPar Olivier  •  5 Juin 2016 à 17:32  •  Live  •   4 views

Comme le chante si bien Jean-Louis Aubert (sic) : « Voilà, c’est fini ». La Kilbi 2016 s’est terminée hier soir, tard dans la nuit sous les salves techno de la mythique DJ Marcelle. Une dernière soirée qui nous a livré de bons moments.

Photographie par le Bad Bonn

La première chose que nous avons remarqué, c’est le boulot pour rendre le festival à peu près sec. Une pluie de copeaux s’est déversée sur le site durant la journée, nous permettant de ne pas baigner trop violemment dans la boue. On gueule quand on n’est pas content, mais ça ne vaut rien si l’on ne sait pas remercier quand il le faut alors : « Merci au staff, on a apprécié ».

C’est donc les pieds au sec et sur un doux tapis d’écorces que nous avons pu nous réveiller avec METZ, prévu à 15h45 sur la petite scène. À la Kilbi, c’est normal. Et c’était au top, comme d’habitude avec les trois Canadiens. Alex Edkins sue toujours autant et sa chemise permet toujours de savoir, à un titre près, depuis combien de temps joue le trio. Une valeur sûre assurément.

Côté gros morceaux, les Protomartyr étaient attendus sur la grande scène en fin de journée. Salués pour « The Agent Intellect » en 2015, la bande de Detroit a frappé fort avec un post-punk carré au possible, envoyé avec une classe remarquable. Joe Casey nous a donné une bonne leçon de self-control, lui qui déverse sa colère uniquement par la parole, le reste de son corps restant stoïque dans son complet anthracite. Mélangeant avec brio post-punk à l’anglaise et rythmes énergiques à la Motor City, Protomartyr a clairement marqué des points hier soir.

Tant qu’on est dans le post-punk, restons-y. Autre gros morceau de ce samedi, les très en vogue Savages. Avec « Adore Life », c’est l’une des belles sorties de cette année que les Britanniques ont publié. Au point de passer chez Stephen Colbert et de déclencher quelques crises de panique chez les téléspectateurs non habitués à ce genre de performance.

En même temps, il faut bien avouer qu’elles savent y faire les Savages. Avec des textes léchés récités par une Jehnny Beth faite pour la scène, une batteuse inoxydable, une bassiste qui prend un malin plaisir à envoyer des lignes de basse imparables et une Gemma Thompson à la guitare corrosive, difficile de résister à ce déluge de son. Ajoutez à cela le charisme et le dialogue qu’entretient Beth avec le public et vous n’obtenez rien de moins que l’une des réussites de cette édition.

Une vingt-sixième édition qui malgré une programmation peut-être légèrement en deçà des autres années, aura néanmoins servi son lot de chouettes performances, allant crescendo de jour en jour. Ce qui n’évolue pas en revanche, c’est le plaisir apparent que les spectateurs arborent en venant au festival. C’est évidemment le plus important et nous espérons grandement que cela continue encore longtemps.

Vive la Kilbi, à l’année prochaine!

 
Auteur:
Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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