Kilbi 2016 : Final ruisselant

MalvinPar Malvin  •  5 Juin 2016 à 17:08  •  Live  •   2 views

Hier s’est clôturée l’édition 2016 de la Bad Bonn Kilbi. Comme toujours axé sur la franchise et la découverte, le festival nous laisse cette année à la fois joyeux et perplexes. Dans bien des cas, la limite morale se situant quelque part entre la boue et la programmation.

Photographie par Patrick Patience

La fatigue pèse sur nos guibolles, mais la force reste pour parcourir l’éclectisme musical des lieux. Olivier, comme à son habitude, s’attaque au rock. Il a des poils, il brasse de la bière, je lui laisse donc ce plaisir, même si les prestations de Protomartyr et de Savages méritent également de ma part moult applaudissements. Sans se plonger dans quelques profondeurs extrêmes du rock pour y trouver une perle rare, la Kilbi nous présente une essence même de ce style qui aurait tendance à s’étioler.

Mais pas que !

La Kilbi, c’est également une ligne conductrice inexistante, ou presque. On programme le concert de machin quand la place le permet encore, et le public, lui, en redemande. C’est ainsi qu’en ce troisième soir, nous avons pu sauter de l’explosif Kamasi Washington, fidèle aux fioritures du jazz et aux arrangements décibelés de saxophone, à la légende méconnue d’Ata Kak. S’étant fait majoritairement connaître vingt ans en arrière, le chanteur ghanéen aura gardé son rythme et ses rimes inhabituelles pour un de ses premiers publics européens. Une rareté qu’on ne trouvera décidemment que sur le champ kilbien et dont nous en savourons chaque instant.

Des petites déceptions viennent également ponctuer l’aventure, notamment avec Ash Ra Tempel et l’attente que nous portions à l’égard de Manuel Göttsching, son leader. Accompagnés d’autres musiciens satellites du mouvement kraut et ses confins sonores, tel Ariel Pink, la prestation n’aura au final pas tant décollé que ça, et formé un brouillon noise proche d’une expérimentation inaboutie. Mais malgré mes simagrées d’enfant gâté, la plainte s’arrête là où la réflexion commence, et encore une fois l’originalité prône en ces lieux fastes.

En fin de compte…

À la Kilbi, il n’y a jamais de mauvais concerts. T’aimes ou t’aimes pas, c’est tout. Cependant, cette année, le festival nous aura autant fascinés que laissés sur le carreau. Pas de « Wahou », ni de « Ouf », les concerts passant le cap du « je veux les revoir un jour » se comptent sur les doigts d’une main. Mais une rencontre culte telle que la Kilbi restera culte à jamais. On ne peut que s’enhardir de la version 2017, à siroter à nouveau une bonne vieille Cardinal autour du meilleur fallafel de Suisse. Bad Bonn Kilbi, écoute-nous le dire une énième fois : nous t’aimons.

Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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