Kilbi 2015: Bienne, Nottingham, Tokyo…

YannickPar Yannick  •  30 Mai 2015 à 16:00  •  Live  •   3 views

Guin, petit village d’un peu plus de 7’500 âmes situé dans la campagne singinoise qui chaque année, à la fin mai, devient le théâtre d’un éclectisme musical peu commun.

Photo: LeMurDuSon

La soirée d’hier, deuxième de cette édition 2015, démontre bien cette phrase introductive. Prenons la tranche 20h – 23h. Trois heures de musique pour trois concerts. Le premier se déroule à la Kantine, deuxième des trois scènes que compte le festival. C’est au groupe biennois Puts Marie de faire vibrer le public. Le concert démarre par des titres joués sur un tempo relativement lent. Presque trop. Quoique… Le quintet ne nous laisse cependant pas le temps de trancher, dès la mi-concert il accélère le rythme et durcit le ton. C’est bon. Le final se fait sur Pornstar avant un rappel assez improbable sur un titre à inspiration hip-hop, plongeant le public dans une scène d’8 miles.

Pour la suite, il faut se diriger devant la scène principale, non sans avoir pris le temps de remplir les gobelets. Bo Ningen entre en piste. Le combo d’origine japonaise, établi à Londres, va nous offrir la première vraie claque du festival. Bo Ningen - Bad Bonn Kilbi 2015Deux guitares, une basse et une batterie pour un rock burné, qui colle aux dents. Les influences du groupe se font entendre ici ou là, entre hard rock, shoegaze et expérimental. Le public semble conquis. En guise de final, le quatuor nous gratifie d’une pièce de 20 minutes au visuel apocalyptique. Les deux guitaristes se débattent comme possédés tandis que la bassiste de chanteuse harangue la foule par des moues assez improbables. Une claque, une vraie !

Dernier panneau de notre triptyque; le duo Sleaford Mods, à la Kantine. Véritables working class heroes modernes, les deux Anglais proposent un style musical assez particulier. Pour résumer, Andrew Fearn, le beatmaker, balance ses instrus post-punk d’un coup de doigt, puis se contente d’observer son pote Jason Williamson déverser sa haine dans le micro, une bière à la main. Les textes que Williamson débite sont violents, puissants et volontairement vulgaires. « Bunch of cunts » s’exclame-t-il sur un ton plus qu’énervé qui soulève des questions sur la santé mentale du bonhomme. Ça sent le squatte, ça sent l’Angleterre ouvrière.

Trois concerts, trois ambiances, pour au final trois heures de douce folie musicale que peut-être seule la Kilbi peut offrir.

Yannick

Une semaine est composée de sept jours, une guitare possède six cordes et la main humaine compte cinq doigts. Bizarre, non ?

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