Kaviar Special – « #2 »

OlivierPar Olivier  •  18 Avr 2016 à 15:33  •  Albums  •   2 views

Ah, la Bretagne. Ses plages, Alan Stivell, ses bigoudènes et ses galettes. Une bien belle région. Elle devient encore plus belle quand, à cette incroyable liste de préjugés issue de mon imaginaire d’Helvète, on peut dorénavant ajouter le rock’n’roll.

Une fois n’est pas coutume, Howlin’ Banana Records n’y est pas étranger. Le catalogue bien fourni du label accueille pas moins de quatre formations de la région : Combomatix, The Madcaps, Blondi’s Salvation et… Kaviar Special !

Exit Combomatix et leur garage punk de rue, je vous ai déjà parlé des Madcaps et de Blondi’s Salvation. Pour Kaviar Special, c’est aujourd’hui que ça se passe.

Débarqué fin 2013 avec un premier album éponyme, le quatuor rennais emprunte une parallèle à la mouvance californienne menée par Thee Oh Sees et Ty Segall, tout en privilégiant un son des plus lo-fi. Jamais à court de riffs et frôlant régulièrement la frontière du punk, ce « Kaviar Special » séduit par sa vivacité de tous les instants.

Avril 2016, les revoici. Toujours adeptes des titres d’albums invitant à la réflexion, c’est avec « #2 » qu’ils nous reviennent. Posé sur des bases similaires à son prédécesseur avec ses douze titres en à peine moins de quarante minutes, il se différencie néanmoins par une production haute qualité, donnant un relief nouveau aux compositions de la bande.

Autre évolution, la variété sonore des titres. Là où « Kaviar Special » suivait une direction très rentre-dedans et sauvage, « #2 » varie davantage les plaisirs. Si les guitares envoient toujours autant, les mélodies sont cette fois plus fantaisistes et poussent Kaviar Special vers le haut. On retrouve ainsi du pur garage rock (‘Starving‘, ‘Highway‘ ci-dessous), du garage punk comme on l’aime (‘Mad‘, ‘Mind Fuck‘, ‘Morning Light‘) et deux ballades qui fleurent bon le désert, façon Black Lips avec ‘Come On‘ et ‘Drowned in Doubts‘.

Il en va de même pour les solos de six cordes bien placés et efficaces au possible, transformant de bons morceaux en de véritables réussites (‘Sleep Thoughts‘, ‘Now I Know‘). Autre évolution, de l’époque lo-fi, il ne reste maintenant plus que la voix, rappelant par moment les très cool Dead Ghosts (‘Come On‘, ‘Yolove‘).

Entraînant, accompli et varié tout en ayant conservé la nervosité de son grand frère, ce second opus de Kaviar Special est une sacrée sortie que je classe personnellement dans les meilleures que j’ai pu écouter depuis un bon bout de temps. Chapeau breton !

 

« #2 »

Kaviar Special

2016
 
Auteur:
Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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