Jazz Carthage 2018 : Entre déception et découvertes

LauraPar Laura  •  26 Avr 2018 à 10:00  •  Live  •   60 views

Alors qu’une bonne partie de la dernière semaine était consacrée au Cully Jazz, la semaine précédente sonnait aussi jazzy en Tunisie avec le Jazz Carthage.

Pour sa 13ème édition, le Jazz Carthage a fait la part belle à la jeunesse. Du jazz mais pas seulement, le festival voulait surtout y apporter un vent de fraîcheur et de créativité à un genre qui peut parfois paraître vieillot. Cependant, une question subsiste : y avait-il une part trop belle aux formations européennes ?

Une programmation jeune mais surtout très européenne donc avec, entre autres, la venue de nombreux artistes français tels que Adam Nass, Brocken Back, Charles Pasi, Emily Loizeau et Isaac Delusion, mais aussi de l’Autriche avec Marina & the Kats, de l’Espagne avec The Excitements, de la Grande-Bretagne avec Tom Odell et Albie Donnelly’s Supercharge, de l’Italie avec Enrico Rava et… de la Suisse avec Elina Duni.

Pourquoi ne pas avoir laissé place à la jeunesse africaine qui ne manque certainement pas de créativité ? Bien que le festival ait toujours réservé une place à des chanteurs de renommées internationale, il aurait été intéressant de pouvoir se démarquer en laissant une place toute aussi importante aux artistes régionaux. Malheureusement, pour moi, le festival m’a surtout rappelé une Tunisie dans sa quête à l’occidentalisation qui perd de sa superbe et de son authenticité.

Une semaine aux diverses teintes

Peu d’artistes africains mais tout de même quelques découvertes et quelques sourires. Ma semaine se résumera à trois soirées. Commençons par celle que je n’attendais peut-être pas, qui m’aura déçue sans pour autant qu’elle ne soit fatale. Cette soirée regroupait la chanteuse suisse, pourtant prometteuse, Elina Duni et le très jazzy américain Kurt Elling. La chanteuse helvético-albanaise du bout de sa voix enchanteresse aura tenté de nous faire voyager sur son chemin très personnel mais peu clair. C’est en neuf langues qu’elle décide de nous transporter, pourtant le voyage ne se dessine pas devant nos yeux, l’émotion ne dépasse pas le premier rang, l’attention baisse et s’échappe. C’est dommage, car la chanteuse a indéniablement une histoire a nous raconté. L’Américain, quant à lui, n’a pas su dépasser le cliché du jazz ; une voix sinatro-kingcolienne qui pourrait nous rappeler une belle époque mais ses interprétations trop maîtrisées et mielleuses m’ont enlevé tout intérêt à l’écoute.

Les soirées qui ont suivi ont été teintées de couleurs pétillantes et réchauffantes, notamment grâce aux sourires contagieux d’Amadou & Mariam qui ont su transmettre la chaleur malienne et donner l’impression de faire partie de leur fête de famille. C’était chaud, c’était dansant, c’était émouvant, un concert qui nous rappelle que la musique c’est parfois de la joyeuse naïveté et juste un moment tendre à passer ensemble. Le sourire, c’est aussi celui de Labess. Avec ses influences andalou-magrébines, le groupe algérien a su teindre son voyage de vert et de bleu, de jaune, de nostalgie et de félicité. Alors que notre tête s’était doucement préparée à une soirée magrébine grâce à Koum Tara, notre corps s’est emballé et il n’a pas fallu longtemps pour danser aux sons des instruments à cordes et à vent du groupe algérien.

 
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Laura

Si nous étions censés rester sur place, nous aurions des racines à la place de nos pieds.

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