Iggy Pop – « Post Pop Depression »

OlivierPar Olivier  •  27 Mar 2016 à 16:06  •  Albums  •   6 views

L’annonce avait fait grand bruit. Une collaboration entre Iggy Pop et Josh Homme, un rêve pour tout amateur de rock. Une légende en rencontrant une autre, deux époques du rock’n’roll qui se mélangent. « Post Pop Depression », l’histoire du goudron qui se mêle au sable.

Avec les disparitions de Lemmy et Bowie – entre autres, au début de cette année, le moral était plutôt au ras des pâquerettes. Quel ne fut pas le bonheur engendré par les premiers extraits de cette union entre Iggy et Josh. Break Into your Heart‘ dégoulinement sexy, ‘Gardenia‘ sombrement enivrant. La crainte de voir une des deux parties tirer la couverture à soi a vite été dissipée.

« Post Pop Depression » est un disque d’Iggy Pop parfaitement accompagné par un backing-band haut standing, composé du dit Joshua Homme, mais aussi de Dann Fertita (guitariste de QOTSA) et Matt Helders (batteur des Arctic Monkeys). On se retrouve avec un mélange des influences de chacun. Les textes subliment la musique, la musique sublime les textes. Un travail commun qui fonctionne comme peu auparavant.

« I’ve got nothing but my name« 

Au fil des neuf titres, on évolue dans un territoire obscur, nerveux. Le danger est partout, des silhouettes filant deçà, delà. L’homme est de sortie et son costume aussi. Il évoque la mort de sa voix profonde, avec une classe imparable. Il cherche son paradis, lui qui n’a rien d’autre que son nom (‘American Valhalla‘). Rien à perdre, rien à gagner. Il a fait ce qu’il devait et ne craint pas les vautours (‘Vultures‘), ces viles créatures qui trichent et volent. Arrivant au bout de la route, il rêve dorénavant d’une petite retraite dorée dans l’hémisphère sud. Pourquoi pas au ‘Paraguay’ ?

Plus que jamais, Iggy s’ouvre. Il ne craint pas la fin, sa fin. Il s’y prépare et offre avant son départ une épitaphe sous forme de disque. Il en profite pour lâcher quelques pépites, dont un ‘German Days‘ tout droit venu du désert qu’apprécie tant Josh Homme et un ‘Sunday‘ (ci-dessous) qui fera date dans sa discographie colossale – dix-sept albums solo, avec riff de folie, choeurs et final de cordes.

Actif depuis le début des 60’s, James Newell Osterberg a voulu cet opus comme un chant du cygne. Dévoilant sa face complexe, l’intérieur de l’Iguane. Réfléchi, bien que sauvage, lucide, bien qu’inconscient. Lui et son contraire.

Difficile alors de savoir vraiment si ce « Post Pop Depression » est le dernier épisode du personnage. Ce qui est sûr en revanche, c’est que si c’est le cas, la légende s’offre une sortie par la grande porte.

 

« Post Pop Depression »

Iggy Pop

18 mars 2016
 
Auteur:

 

Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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