Goat – « Requiem »

OlivierPar Olivier  •  21 Oct 2016 à 01:33  •  Albums  •   4 views

Une fois n’est pas coutume, le dernier opus du groupuscule Goat en surprendra plus d’un. Après avoir embarqué les amateurs de psychédélisme dans une tornade de funk et de musique(s) du monde, voilà que les Suédois débranchent leurs instruments sur « Requiem ».

Il est une constante intéressante chez Goat. Le titre d’ouverture annonce en général plutôt bien la couleur de ce qui suivra. « World Music » s’ouvrait sur l’imparable reprise ‘Diarabi‘, « Commune » avait droit à un ballet enivrant de percussions et de six cordes virevoltantes. Pour « Requiem », c’est en premier temps quelques paroles de ‘Djorolen‘ (la version originale est signée Oumou Sangaré) que l’on entend, accompagnées de chants d’oiseaux. Puis, la surprise. ‘Union of Sun and Moon‘ lance officiellement l’album avec une mélodie simple, mais entêtante à la aux flûtes de pan. Celle-là, on ne s’y attend pas à la première écoute.

Le ton est donné, l’amicale masquée nous propose un retour à la terre, aux bois. Sur ce troisième épisode, la frénésie laisse sa place à la sérénité. Les titres ensoleillés ne manquent pas (‘I Sing in Silence‘, ‘Trouble in the Streets‘, ‘It’s not Me‘), évoquant souvent l’Afrique par ses mélodies, parfois l’Amérique latine par ses percussions.

Que les aficionados d’hypnotisme musical ne s’inquiètent pas néanmoins, ce n’est pas parce que l’acoustique prend cette fois plus de place que la musique des Suédois perd en intensité. Il faut en revanche attendre la fin du premier tiers du disque pour que les compositions commencent à prendre de l’ampleur et s’épaississent.

Si ‘Temple Rhythms‘ magnétise par sa répétitivité, c’est avec ‘Goatband‘ que l’on rentre dans le vif du sujet en matière de psychédélisme. Boucles de guitares, basse au groove efficace et élévation progressive, on part pour sept minutes de bonheur. Son cousin ‘Goatfuzz‘ porte bien son nom, puisque ça bourdonne en début de piste avant de dégénérer en jam orientale. ‘Goodbye‘ complète le trio magique avec un dernier passage par le continent africain et, une nouvelle fois, près de dix minutes la tête dans les nuages.

Malgré une production (par moments) moins léchée que sur les précédents albums, « Requiem » est un disque solide et qui invite à la découverte. Un disque qui mérite que l’on s’y attarde afin d’apprécier à sa juste valeur certains titres moins évidents que d’autres, mais à la profondeur captivante.

 

« Requiem »

Goat

2016
 
Auteur:

 


Rocket Records / Sub Pop – 2016

 

Olivier

Défenseur du rock’n’roll, expert en prix de l’essence, fanatique de la Sainte-Boisson et éternel admirateur de Yannik Paratte.

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