La Gale: « Le public connaît mieux nos paroles à Paris qu’à Lausanne »

GlennPar Glenn  •  12 Juin 2016 à 13:57  •  Interviews  •   2 views

La Gale est venue retourner la scène de la Marée de Festi’neuch vendredi soir. On eu le temps de se demander à quelle sauce on allait être mangé avant ça.

Salem City Rockers de ton dernier album fait-il référence aux sorcières qui se sont fait brûler à Salem?

En fait elles ont plutôt été pendues, ils ont pas trop brûlé de gens à Salem. Et l’autre référence c’est ‘Clash City Rockers‘ de The Clash. C’était une manière de trouver un thème hybride, car mes références sont hybrides et je me considère comme hybride quelque part.

Du coup il y a une référence au punk, est-ce que ce millieu t’as influencé?

Non, les gens ont tendances à coller des étiquettes partout tout le temps. Je ne suis pas plus influencée par le punk rock qu’un autre style. Le punk rock, c’est plus une culture que juste un genre musical. Je me sens plus proche de la manière de faire les choses que par cette musique en tant que telle. Il n’y a pas de riff dans l’album et on n’a pas samplé de punk rock. Je ne dis pas qu’on ne va pas le faire. Mais en somme, c’est plus un art de vie que simplement juste de la zic.

Tes textes sont assez engagés comparé à d’autres actuellement dans le rap non?

Je ne sais pas si je suis plus pertinente qu’un autre artiste rap mais on fait ce qu’on peut. Il suffit d’être honnête simplement. J’attache plus d’importance à la création.

Et du coup quel est ton modèle de création et comment ça se passe au niveau de l’écriture?

Il n’y a aucune règle. Au niveau technique t’as des règles mais pas au niveau de la création. Tout d’un coup, tu peux avoir un but concret mais au final c’est pas aussi poétique que ça la poésie! (rires).

Et être une femme dans le monde du rap? On t’as souvent comparée avec Keny Arkana non?

Ouais parce qu’on est deux meufs et parce qu’on a des « revendications ». Mais je ne fais dans le pamphlet politique parce que ça me soûle en fait et les gens vont plus me comparer à Keny Arkana ou voire encore à Diams qui sont des artistes pour lesquels je n’ai pas forcément plus d’intérêt que ça. Sans plus quoi! Les gens se cantonnent aux genres. Il n’y a pas de milieux qui soient épargnés par ce phénomène hyper sexiste. Tu veux faire quoi?

Tu sens une certaine pression à ce niveau là?

Dans le rap non. Pas plus qu’ailleurs. Je garde le même salaire que mes collègues.

En Suisse romande c’est plus difficile de percer en musique?

On joue dans le maximum d’endroit où on veut bien de toi que ça soit en Suisse romande, Suisse allemande, en Allemagne ou en France ou encore ailleurs. Il y a évidemment des frontières qui sont plus dures à franchir que d’autres. Mais à quelques exceptions près, on joue partout quoi. Quand t’es de Romandie on te fait jouer parce que t’es du coin et t’es considérée comme local. Mais les gens connaissent mieux nos paroles à Paris qu’à Lausanne, notre propre ville. Le public était bien plus ouf. C’est une histoire de mentalité et de contexte. Il y a tellement de paramètres qui font un concert, du coup, tu ne peux pas limiter ton opinion sur une ville et le concert que tu as fait là bas. En général, les concerts sont bien reçus et c’est rare que t’aies un public indifférent, tu vois? Mais après le lieu fait vachement les choses.

Et ici c’est un festival tout public plutôt qu’un club…

Ouais moi j’aime bien, il y a plein de gens différents. En plus on joue juste avant Cypress Hill donc c’est cool!

Autrement tu as d’autres projets?

Je termine ma tournée et je verrai après.

Dans ton album tu as pas mal de featurings dont une chanteuse de flamenco comment se passe à ce niveau là?

C’est avec notre réseau qu’on peut faire se genre de collaboration. Des gens qu’on connait et des amis. Rien ne se fait par hasard quoi. J’ai fait pas mal de featurings sur cet album!

Sinon t’as un album que t’écoutes pas mal en ce moment?

J’écoutes le dernier Beyoncé en ce moment! (rires) Les gens vont me tuer si je dis ça! Je le trouve bien. Sinon le dernier Run The Jewels.

 
Auteur:
Glenn

N’aimant pas particulièrement la musique, j’ai été catapulté ici par hasard et au-delà de ma volonté. Préférant l’austérité à la frivolité du spectacle de la débauche auditive, je compte les jours qui me permettront à long terme de devenir sourd. Le vacarme m’étant insupportable.

Dans le même genre...

Phanee de Pool a sorti son premier album. Nous nous sommes assis autour d'une table pour en savoir...

Les thrasheux singinois s'ouvrent à nous à l'occasion de la sortie de leur dernier album.

Rencontre avec le groupe neuchâtelois Yanač