Funeral for a Friend – « Chapter and Verse »

PatrickPar Patrick  •  16 Fév 2015 à 17:30  •  Albums  •   16 views

Revenir à ses premiers amours c’est un peu comme tromper votre amoureux/se actuel/le avec le/la toute première. On se sent à la maison, mais on se souvient vite pourquoi on est parti.

Le même effet s’est produit à l’écoute du nouveau Funeral for a Friend (oui oui, le groupe du début du siècle, celui-là même). Après trois jours à tourner dans ma boîte à musique, « Chapter and Verse » m’a fait passer par tous les états. D’abord le fameux : « ouais ils ont bien évolué en allant rechercher les bonnes idées du early emo type Fugazi. » Ensuite il y a eu : « Ah en fait, depuis « Memory and Humanity » ça n’a pas tant changé que ça. » Et, finalement, le très terre à terre : « En fait, ce n’est pas terrible. »

Quand une telle suite de pensées se produit, il n’y a qu’une solution : laisser passer quelques jours avant de reprendre la galette. Ce que je fais aujourd’hui.

Habillé comme tous les jours

Il y a du vrai dans les trois citations ci-dessus. « Chapter and Verse » contient de véritables bonnes idées. La plus importante, revenir au son qui a fait leur renommée et qu’ils avaient laissé de côté. J’aime les groupes qui évoluent, qu’on soit d’accord, mais pas ceux qui se perdent. Funeral for a Friend revient aux fondamentaux, tout en amenant ce petit côté pop qui manquait lors de la sortie de « Hours » – l’album qui avait fait leur succès.

On est balancé pendant près de 40 minutes entre les très bons moments de « Casually Dressed & Deep Conversations », les balades lyriques de « Hours » et les moments plus hardcore des albums suivants, notamment « Memory and Humanity ». C’est peut-être ça le vrai son de Funeral for a Friend, celui qu’ils sont allés récupérer un peu partout dans leur discographie pour, finalement, trouver ce subtil mélange.

Des discussions profondes

Mais est-ce que ce mélange emo, punk-rock et hardcore fonctionne encore? Une chose est certaine, il ne trouvera pas de nouveaux adeptes. Les fans de la première heure y apprécieront un petit côté nostalgique bienvenu, les autres passeront leur chemin. On a cette facette « âge d’or » qui ressort jusque dans les textes (cf. ‘The Jade Tree Years were my Best’ et ‘After all these years…’). Dommage de toujours vouloir raviver le passé.

« Chapter and Verse », c’est un bon album qui sonne comme le chant du cygne d’une période révolue. On se plaît à retrouver les sonorités qui ont (un peu) évolué, mais, au final, on essaie de tourner la page. L’époque 2000-2005 était rudement chouette, mais autant se faire plaisir en écoutant les productions qu’on chantait à tue-tête en rentrant de soirée.

Distiller Records – 2015

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