Festival de la Cité 2016 : Une gracieuse réussite

MalvinPar Malvin  •  11 Juil 2016 à 20:02  •  Live  •   1 view

Si beaucoup de personnes, adeptes de l’ancienne version du festival dans la vieille ville, se sont plaintes en lançant des contre-réformes et un appel à la nostalgie collective, la vague innovatrice amenée pas Myriam Kridi et sa nouvelle équipe en aura finalement conquis plus d’un.

Crédits photo : Sylvain Scarangella

Comment comprendre cette frustration commune ? Maintenant éclaté en trois parties de la ville, alliant de ce fait la place d’Ouchy, de La Riponne et de La Sallaz, ce n’est pas la première fois qu’on entend un Lausannois éviscérer ses plaintes par rapport au concept même du Festival : « C’est plus la Cité, on perd les valeurs ! ». Alors que les travaux à la place du Château empêchent toutes infrastructures festivalières de voir le jour, une redécouverte de la ville est ainsi proposée. Sous l’effigie de l’originalité, en voici les différents pôles de réussite de l’année 2016.

Un éclatement bien calibré

Comme annoncé juste à l’instant, le Festival a décidé d’investir trois places principales de la ville, en suivant le trajet du métro M2. Un choix déjà plus centré et concret que l’année dernière. Si la réticence à prendre un transport en commun a pu en refroidir quelques-uns, la magie des scènes n’a eu d’égal que leur emplacement bien réfléchis.

Ainsi, la nouvelle Place de La Sallaz a invité les festivaliers à redécouvrir une partie délaissée de leur propre ville, à l’orée de la verdure sylvestre. Plus bas, la place de la Riponne a affiché une toute autre image que nous la lui connaissons, arborant une scène cubique de 270 degrés et remplissant l’espace d’un centre trop souvent déprécié. Finalement, le coup de cœur revient à la Place du Vieux-Port d’Ouchy et à sa scène lacustre flottante, invitant des musicalités au rythme du voyage et des Alpes en arrière-fond. En y rajoutant les projets satellites, l’ampleur frénétique du Festival a finalement gagné en importance de jour en jour, pour le plus grand bonheur des pavés de la ville.

Une programmation d’une rare qualité

Avec Vincent Bertholet en tant que programmateur musical, le planning s’est chargé de pépites. Des concerts qui vous prennent, qui font voyager vos sens, vous rapprochent de l’artiste et de son univers magique, tel que l’a démontré le highlife ghanéen de Pat Thomas & The Kwashibu Area Band, la « Golden Voice of Africa », dans toute sa splendeur de précision, haute musicalité et professionnalisme transcendant. Flavier Berger et son lyrisme électro-percutant, attendu par moult personnes, a également réussi à nous transporter par une prestation emplie d’amour, d’honnêteté et de promiscuité. Enfin, le phénoménal saxophoniste Colin Stetson a défié les règles de l’art en nous lançant dans une transe au cuivre résonnant, grésillant et envoutant, loin des contrées du connu.

En une semaine, les surprises se sont vues fleurir de parts et d’autres. Ainsi, Los Pirañas ont pu emplir l’air lausannois de leur incroyable cumbia psychédélique déroutante, Juana Molina par son suave folk argentin au rythme électrifié cassé et Broukar au travers de son derviche tourneur et de son âme syrienne à la musique soufie chancelante.  Finalement, la semaine se sera clôturée sur la sublime pièce majeure contemporaine ‘Music for 18 Musicians’ de Steve Reich, joué par l’Ensemble Links, et sublimé par le chant des Martinets au-dessus de nos têtes. Les Mangelepa, quant à eux, mettent un point final à la scène lacustre par leur rumba congolaise joyeuse, percutante et pleine d’espoir, après 40 ans d’existence.

Site musical oblige, nous ne parlerons ici que de notes et de rythmes. Mais il est tout de même à noter la grande diversité et la qualité de la programmation des arts de rue, de théâtre, de danse, d’installations et de conférences qui se sont répandus à travers la ville. Un fantôme dans la Cathédrale de Lausanne, une aventure autour de bûches et une myriade de danseurs dynamités de Rio, la place manque pour en montrer son entière richesse.

Une ambiance staff à la haute renommée

Comment parler du Festival de la Cité sans en évoquer l’univers du staff ? Après avoir sillonné nombreux festivals, ce dernier semble sans conteste un des meilleurs dans le domaine, plaçant l’image du bénévole haut dans son estime. Ces quelques lignes servent ainsi à boucler l’article, démontrant la force interne d’une organisation unique qui n’en finira pas de faire parler d’elle. Originalité, promiscuité et qualité sont ses trois maître-mots, et malgré les remous que la barque peut subir, l’équipage présente encore et toujours une force d’innovation déroutante. Prenons-en de la graine.

 
Auteur:
Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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