Festi’neuch passe le mur du son

PatrickPar Patrick  •  12 Juin 2016 à 15:27  •  Live  •   3 views

Retour en 2010. Pour sa dixième édition, Festi’neuch accueillait Mika, Caravan Palace, les Bloody Beetroots et, surtout, Cypress Hill. Les rappeurs californiens étaient attendus comme des messies, sauf que le son n’était pas à la hauteur des attentes et ce fut une véritable purée de décibels qui s’abattait sous le chapiteau.

Dégoûté, je me souviens être rentré furax, un moite-moite dans l’estomac, certes, mais déçu. La faute était-elle imputable à l’ingénieur son ou à la configuration des lieux? Les acteurs se renverraient certainement la balle. Quoiqu’il en soit, Festi’neuch a décidé de faire sa part du job. Il n’a pas fallu plus de deux morceaux de Skunk Anansie, jeudi soir, pour que la différence se fasse sentir. Un coup d’œil au plafond et tout s’éclaire: une grosse structure a été montée, mais qu’est-ce donc?

« Cette sorte de toit nous permet de limiter un maximum la réverbération sonore », explique Antonin Rousseau, big boss du festival, qui confirme nos impressions. « Au niveau du rendu acoustique, il n’y a pas photo, c’est une nette amélioration. » Skunk Anansie, The Cranberries et même Cœur de Pirate, c’est bien beau, mais Cypress Hill fait figure de point de comparaison. Là encore, le rendu est proche de la perfection.

Inspiration bernoise

« C’est un projet auquel on réfléchit depuis longtemps », souffle Harold Weber, responsable des scènes de Festi’neuch. « Mon prédécesseur, Antoine Marchon, avait déjà essayé de mettre quelque chose sur pied. Malheureusement, la structure de l’époque ne permettait pas de le réaliser. » Depuis plusieurs années, Festi’neuch collabore avec la même entreprise que Paléo pour tout ce qui est dévolu au son. Le problème se situait donc bien dans la configuration même de la scène. Les remarques sur la piètre qualité sonore ont agacé les responsables. Il a fallu trouver une solution.

« Au Gurten Festival (à Berne, ndlr), ils ont le même genre de chapiteau et procèdent à un traitement acoustique similaire, nous nous en sommes inspirés », admet Harold Weber. « Nous avons pris contact avec eux et avons mis le tout à notre sauce. » Ces trois panneaux de quatorze mètres par quatorze n’est pourtant pas une baguette magique. « Il ne faut pas oublier que c’est l’ingénieur son qui pousse les boutons », sourit le responsable des scènes. « S’il n’est pas en forme, ça pourrait même encore plus se ressentir. Il y a tellement d’éléments dans la chaîne. Du son de l’ampli au haut-parleur final il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. Si le musicien joue n’importe comment, il n’y a pas de miracle. »

Responsables et festivaliers heureux

En discutant avec les différentes personnes derrière le projet, le seul point négatif sétait visuel. Pourtant, tous les festivaliers avec qui nous avons évoqué le sujet nous ont assuré ne pas avoir vu cette nouvelle structure. « J’ai l’impression que ça donne l’impression d’un couloir », rigole Harold Weber. « Aussi que la scène est plus petite. »

Un investissement conséquent pour Festi’neuch mais qui apporte une plus-value indéniable aux festivaliers. « Je pense qu’on a trouvé une bonne solution avec cet apport », explique Antonin Rousseau, son responsable des scènes renchérit: « Je savais que ça allait marcher, mais je suis content que ça fonctionne aussi bien. Je suis vraiment heureux de mon bébé. L’expérience sera reproduite à l’avenir très certainement. »

 
Auteur:
Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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