Fakear – « All Glows »

RaffaelePar Raffaele  •  18 Juil 2018 à 07:00  •  Albums  •   108 views

C’est la chronique qu’on ne voulait écrire. Du moins pas sur ce ton, mais le constat est là : porteur de tant d’espoir pour la musique electro, Fakear livre un album assez mauvais, édulcoré à la pop et loin de ses fondamentaux.

« Fakear est l’un des rares artistes actuels qui ne déçoivent jamais », se disait-on jusqu’à récemment. Jusqu’à la sortie de son nouvel album « All Glows », plus précisément. Hélas, bien hélas, c’est un disque sans saveur qui nous est livré. On le sent produit, calibré pour être diffusé à une large audience. Force est de reconnaître que l’on s’ennuie.

Au long des seize pistes trop nombreuses, on trouve pléthore de featurings plus dispensables les uns que les autres. Que ce soit ‘One chance’, ‘Vision’ ou ‘Give You’, il n’y a pas grand-chose à sauver. Des parties vocales sans relief ni profondeur où Fakear a l’air d’être passé à l’improviste, le temps d’une après-midi, pour composer l’instrumentation. Hormis ‘Sacred Feminine’ réalisé avec Ibrahim Maalouf, seuls les deux hitsSomthing wonderful’ et ‘Lost in time’ sortent du lot. Et encore…

Et encore, parce que dans les morceaux à voix féminine, il nous avait habitué à nettement meilleur. Nous sommes aujourd’hui loin du flamboyant ‘Silver’, ou du nostalgique ‘Leaving Tokyo’, demeurant un niveau au-dessus de tout ce qui nous est proposé sur « All Glows ». Même si l’on prend les morceaux sans featuring, ils sont moins inspirés qu’auparavant, il leur manque quelque chose. On atteint le sommet du désespoir avec ‘Tonight’, ne méritant même pas d’être passé dans une mauvaise boîte de nuit. Ni fait, ni à faire.

Tout ce qu’on regrette

Pourquoi sommes-nous en colère ? Parce que Fakear était d’habitude à l’opposé de ce qu’on écoute lorsqu’on tombe sur NRJ à la radio. Jeune, inventif et original, il nous a fait voyager aux confins de l’Himalaya jusqu’à sentir les effluves épicés de l’Extrême-Orient. La jungle qui s’éveille, un lever de soleil sur un lac volcanique, une fête balinaise : Fakear, c’était tout ça. Rien que sur l’EP « Karmaprana » sorti peu avant « All Glows », ‘Out of Reach’ touchait à la perfection. Subtilité, rythme, légèreté : tout était là, pas une note à changer. Juste avant cela encore, l’EP « Vegetal » était de bout en bout une formidable réussite, sans même parler des anciennes pépites telles que ‘Damas’. En somme, c’est tout cela qu’on regrette.

Que s’est-il donc passé ? L’artiste en herbe a-t-il été orienté vers le mainstream par souci de plaire au plus grand nombre ? On n’ose croire qu’il ait lui-même été à l’initiative de tous ces featurings sans âme. Sans certitude, restent ces interrogations et une bonne dose de perplexité. Souhaitons à une erreur de parcours. Sachant de quoi Fakear est capable, il pourrait, dans le meilleur des scénarios, nous faire vite oublier le très oubliable « All Glows ».

 

« All Glows »

Fakear

13 avril 2018
 
Auteur:
Raffaele

J’ai grandi dans les années 90, mes influences sont un vrai patchwork musical. J’apprécie selon l’humeur un gros beat electro, un flow hip hop ou l’effervescence d’un concert de rock. ‘Faut que ça groove !

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