Fabian Tharin: «Je suis un punk de salon.»

ThomPar Thom  •  28 Juil 2015 à 17:33  •  Live  •   11 views

Depuis la sortie de son cinquième album «Swiss Rebel», Fabian Tharin parcourt les scènes helvétiques pour y présenter sa chanson française loufoque et géniale. Nous avons partagé un coin de table avec lui lors du dernier Paléo.

Yverdonnois et punk à la fois, voilà ce qu’aurait voulu être Fabian Tharin. Mais ce chanteur, qui relate les choses du quotidien en maniant habilement les mots, s’est vite rendu compte que ce n’était pas facile. Depuis, il a choisi d’être un punk de salon, un «bobo» d’Yverdon, et on peut dire que cela lui va plutôt bien. Rencontre.

Être un punk à Yverdon, ça se passe comment ?

C’est tout un boulot ! (Rires) Mais justement, le propos, c’est qu’on n’est pas des punks. Et pourtant, c’est ce qui nous fait vibrer. J’aurais vraiment rêvé de faire du rock, d’ailleurs j’en ai fait. Puis à un moment, t’as 40 balais, et il y a un côté ridicule, un côté «pas à sa place» qui s’installe. La recherche dans ce projet a été de trouver le côté punk d’un type qui a 40 balais et qui habite à Yverdon. Alors on prend toutes ces petites choses transgressives qui nous font marrer.

Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton parcours, qui a débuté il y a 16 ans ?

A l’époque je faisais de la musique classique, j’étais guitariste. Comme c’était assez pointu, mes potes ne venaient jamais voir mes concerts. Alors j’ai eu besoin de faire quelque chose de plus accessible. En même temps ça ne l’était pas, puisque j’ai croché sur les chansons pour adultes d’Anne Sylvestre, dont je connaissais la production pour enfants. Cela m’a donné envie de mettre les mots au centre de mon travail musical. Je l’ai vraiment fait en parallèle de mon activité musicale classique. Du coup, pendant trois albums, c’était une activité annexe, un hobby. Puis c’est devenu plus sérieux il y a 3-4 ans.

Yverdon commence à imposer sa place dans le monde culturel alternatif romand, notamment grâce à l’Amalgame. Comment vois-tu tout ça ? 

C’est vrai qu’Yverdon sort un peu d’une période d’art «académique» destiné à un public plus restreint. La nouvelle équipe de l’Amalgame y est en effet pour beaucoup, mais ce ne sont pas les seuls acteurs de ce changement. L’Ecole d’ingénieurs s’est aussi bien développée, il y a donc plus de jeunes qui passent à Yverdon.

On est encore dans une petite ville ronronnante, que l’on qualifierait de banlieue si on était en France, mais ça change un peu. L’Arc lémanique est tellement plein que les choses commencent à se déplacer, parce que c’est moins cher. Je suis convaincu qu’il va se passer des choses chouettes à Yverdon. Je fais un peu le représentant de l’office du tourisme (rires) ! Ça bouge, c’est pas encore Berlin, mais j’adore y vivre !

Ton album s’appelle «Swiss Rebel». C’est comment d’être un rebelle en Suisse ?

On est exactement dans ce que je disais en début d’interview. Dans la création, je suis fasciné par tout ce qui est transgressif. Mes idoles sont plutôt des punks. Mais je suis vraiment un Suisse tout ce qu’il y a de plus Suisse. Pas punk du tout. Et le propos a été de se dire : «Parle de toi, simplement.» Et je suis vraiment un rebelle en Suisse. Il y a un petit oxymore qui me fait marrer. Je suis un marin d’eau douce, un punk de salon.

Tu as collaboré avec des personnalités comme Marc Bonnant. Comment on en vient à collaborer avec ces gens ? Est-ce qu’ils ont le temps ?

C’était incroyable. Ils ont tous eu le temps. J’ai présélectionnée des gens que je trouvais être à l’opposé de moi, et à l’opposé de l’archétype suisse. Des gens qui osent se polariser soit dans un discours, soit dans une position politique. Ce que je ne sais pas vraiment faire, puisque je suis un faux rebelle. Mais on n’a jamais discuté d’avis personnels. Ce sont des personnes qui n’ont pas peur d’être le diable pour quelqu’un. Puis j’ai commencé à les contacter, et ils se sont tous montrés très atteignables et enthousiastes.

Sur scène, tu te produis avec le «Power Glossy Trio». Quand on vous voit jouer ensemble, on a l’impression que vous êtes trois vieux potes. C’est le cas ?

Tout à fait. On se connaît tous depuis très longtemps. Alexis (NDLR: Gfeller, claviériste) et moi on se connaît depuis qu’on a 3 ans. Et Patrick (NDLR: Dufresne, batteur) on se connaît depuis longtemps, mais ça fait que 6 mois qu’on joue ensemble. Par contre, les deux se côtoient musicalement depuis 15 ans. Il y a donc des bonnes connivences dans le groupe.

Porter du rose sur scène, ça ne les dérange pas ?

J’ai dû les bosser au corps (rires). Plus sérieusement, ils sont dans la musique depuis longtemps et ils se rendent compte de l’impact du truc, fusse-t-il à la con, puisque c’est clairement un truc à la con. Mais il y a un vrai impact sur scène, alors ils ont accepté de rentrer dans le jeu.

D’où vient l’inspiration de tes textes, qui parlent des choses de la vie, sans tomber dans la beaufitude à la Bénabar ?

C’est mon cheval de bataille de trouver cet angle. C’est toujours difficile de parler des choses-là, mais on va parler en terme de matière. Il faut qu’il y ait du rugueux, du doux. Il y a une recherche d’énergie qui, si possible, peut être un peu transgressive et marrante.

Thom

En 210 caractères, on peut dire de moi que j’aime: mettre du Maggi sur mon pain et les bande-annonces au cinéma. Je n’aime pas me raser et la peau sur le lait. Par contre, pas la place pour parler de musique.

Dans le même genre...

Court retour sur le concert de Caballero & JeanJass à la Case à Chocs vendredi dernier et brève...

Les fans de hip hop satisferont leurs besoins de bon son avec Alaclair Ensemble et Murmures...

Le groupe de heavy metal américain jouera son meilleur album dans son intégralité vendredi dans la...