Electrosanne : L’épique The Juan MacLean

MalvinPar Malvin  •  6 Sep 2015 à 14:39  •  Live  •   1 view

Assis à la terrasse de son hôtel, John a froid. Le climat suisse peut parfois surprendre. Enfin bon, il joue le soir-même au Romandie, et je ne me rends pas vraiment compte que l’humble personne face à moi est en réalité un jalon de l’électro.

Sa musique: Incontestablement disco, eighties, aux relents grandement nostalgiques. Malheureusement, il ne sera pas accompagné de la chère Nancy Whang, qui n’est d’autre que la voix de LCD Soundsystem. En solo donc, plusieurs questions me taraudent l’esprit, et je sens que le dictaphone vibre également d’impatience. Il est grand temps de l’enclencher.

Présente-toi donc !

Je suis John MacLean, plus connu sous le nom de The Juan MacLean, et je… Mince, c’est difficile comme question. J’ai jamais réussi à décrire ce que je faisais. Je suis un Dj House sous le label DFA Records, je joue également du live avec Nancy Whang et je produits des disques.

Tu es très actif depuis plusieurs années. Quel est l’ingrédient le plus important ?

Pour moi, je dirais qu’il s’agit des instrumentalisations live. C’est ce que j’ai toujours fait et qui, je pense, me démarque de la plupart des autres Djs. Batterie, synthétiseur, tout ce qui se joue avec les mains sans forcément être devant un laptop.

Par contre ce soir, tu mixes !

Oui, c’est ce que je fais le plus souvent. Je vais pouvoir jouer quelques morceaux de notre dernier album « In a Dream ». C’est clair que jouer du live prend bien plus de temps de préparation. C’est également bien plus cher, mais en fin compte, c’est d’autant plus drôle et intéressant. J’apprécie ces deux aspects très différents du musicien.

Avant de mixer, qui étais-tu ?

J’ai joué dans un genre de groupe post-punk qui s’appelait Six Finger Satellite, avec lequel nous avions signé sous Sub Pop Records, qui était un label considérablement important dans les années nonante. C’est ce que j’ai fait à partir de mes dix-huit ans pendant une dizaine d’années avant de devenir Dj.

Comment es-tu passé d’un rôle à l’autre ?

Beaucoup d’éléments de post-punk ont été influencés par les synthétiseurs, la disco et la dance. Ça m’a donc semblé logique de passer de l’un à l’autre. C’est une continuité.

Est-ce grâce à Nancy que tu trouves toute cette énergie pour mettre en œuvre tes projets ?

Non, non, ce n’est pas grâce à ça (rires). C’est une vie assez dure, tu sais. Je suis d’avantage en tournée qu’à la maison, et quand je le suis, je dois aller au studio pour créer et être productif. En fin de compte, tu dois vraiment prendre soin de toi. Dormir quand tu peux, manger de bonnes choses et ne pas faire le fou sur la route. Voilà comment j’organise les choses dans ce monde compliqué où les gens n’achètent plus la musique. Où il faut tourner pour survivre.

Et faire du yoga ?

Oui, je fais du yoga actuellement ! Depuis déjà plusieurs années ! Je ne voulais pas le dire car ça peut parfois paraître bizarre pour certaines personnes. En réalité, j’ai commencé à pratiquer le yoga à cause de l’avion. À force de rester assis, mon corps en payait les frais. Je pense que c’est un très bon moyen pour récupérer et garder son énergie.

Parlons un peu de Nancy : Quelle est l’importance de la voix dans votre groupe ?

Je pense que c’est devenu la chose la plus importante. C’est l’élément sur lequel les gens peuvent se concentrer de manière naturelle : la voix humaine. En festival par exemple, on peut tout à fait se retrouver face à des milliers de personnes. C’est seulement quand Nancy rentre sur scène, après quelques minutes, que le public commence à réclamer, crier, chanter. Toute l’intention est sur elle, c’est incroyable. C’est une des raisons pour laquelle il est difficile de faire uniquement de la musique instrumentale.

Ce côté poppy qu’apporte la touche de Nancy me fait beaucoup penser à Little Dragon…

Oui, tu as raison. En plus, on les a beaucoup écouté lors de notre dernier enregistrement. Pas parce que notre musique se ressemble, mais parce qu’il s’agit aussi d’un groupe pop électro-instrumental cherchant à se démarquer des autres, à obtenir une empreinte unique. Je les aime beaucoup. Je pense qu’on devrait faire une tournée ensemble une fois (rires)!

Dans quel genre de film voudrais-tu retrouver ta musique ?

Wahou, voilà une question difficile. Tu vois le film « Drive » ? Eh bien, ce serait dans ce genre de film, avec des références eighties et des ambiances légèrement futuristes. Une musique du passé faite pour le futur, voilà comment je vois ma musique.

Ça me rappelle beaucoup un court-métrage parodique qui se nomme « Kung Fury ». tu devrais beaucoup aimer.

Je ne connais pas du tout, mais ça m’intéresse ! Je vais le regarder dans ma chambre quand j’aurais du temps, merci !

Et si un extra-terrestre venait vers toi et te demandait de lui présenter la musique terrestre, que lui ferais-tu écouter en premier ?

Ça c’est une question encore plus difficile. Je leur jouerais du… LCD Soundsystem. Pas parce que c’est mes amis, mais parce que je trouve leur musique très belle, très humaine, et que ça représente une certaine génération de personnes. Oui, voilà !

Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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