James Yorkston

AlexPar Alex  •  5 Mai 2014 à 07:00  •  Ecosse, Tour du Monde  •   0 views

Il existe des artistes qui ne paient pas de mine. Souvent ils portent une guitare en bandoulière ou sur le dos. Ils vont d’une salle à l’autre. Peu de personnes les croisent ni les connaissent. Mais beaucoup les écoutent.

Ce sont des musiciens mystérieux et plutôt secrets. Mais lorsqu’ils jouent. Lorsqu’ils chantonnent leurs compositions. Lorsqu’ils regardent la public. Alors ils touchent. Ils laissent un souvenir marquant.

Les oreilles écoutent une première fois. Elles ne saisissent pas immédiatement les particularités d’une musique a priori simple et modeste. Elles entendent à nouveau et réalisent la chance qu’ils ont.

Humble musique

James Yorkston appartient à ces sorciers du son et de l’émotion. Il ne paie pas de mine. Il est simple. Il porte une casquette et vagabonde humblement de date en date sans trop en faire une histoire. Il profite de ses tournées pour écrire un journal de bord et le publie: It’s Lovely To Be Here: The Touring Diaries Of A Scottish Gent.

L’humilité motive souvent les meilleures accords. Peut-être. Peut-être pas. Vous le déciderez à la fin de la chronique. Quoi qu’il en soit Nick Drake n’est pas loin des compositions de l’Ecossais. Il se heurte à une voix qui murmure la vie sans prétention et attrape des fragments de rêves mis en musique. De petits riens qui font justement tout.

Attraper ce qui échappe

Le violon glisse. Le piano s’agite. La guitare tergiverse. Et la batterie hésite. ‘Catch’ ouvre le dernier album sorti en 2012 de James Yorkston: « I Was A Cat From A Book ». Ce n’est pas tout jeune – je vous l’accorde – mais le détour en vaut la peine. Nous y trouvons des membres de Lamb et The Cinematic Orchestra. De quoi vous donner une idée plus claire de l’univers musical du songwriter écossais.

Et puis la trompette discrète de ‘Just As Scared’ souffle toute sa tendresse. Petit jeu entre un homme et une femme qui se perdent avant de se retrouver. Une historiette qui fait du bien. Le piano aigu de ‘Sometimes The Act Of Giving Love’ invite à l’affection. Ensuite, le susurrement fragile de ‘The Fire & The Flames’ assombrit le tableau. La guitare se fait fébrile. Et la contrebasse produit des tremblements avant d’entendre les percussions reprendre de la hauteur. C’est peut-être le morceau le plus abouti de l’album.

De l’Écosse à la Suisse

James Yorkston est un musicien humble et sensible dont les compositions transmettent ce qu’on oublie de voir. Il saisit des moments futiles, des sourires au milieu d’une plage écossaise. Lorsque le soleil éclaire tout juste une joue rouge. Ce peu de bruits qui sont aussi chers au poète vaudois Philippe Jaccottet:

« (Ce peu de bruits qui parviennent encore jusqu’au coeur, coeur de presque fantôme. 

Ce peu de pas risqués encore vers le monde dont on dirait qu’il s’éloigne, quand c’est plutôt le coeur qui le fait, de mauvais gré. 

Pas de plainte là-dessus toutefois, rien qui couvrirait les ultimes rumeurs ; pas une seule larme qui brouillerait la vue du ciel de plus en plus lointain. 

Paroles mal maîtrisées, mal agencées, paroles répétitives, pour accompagner encore le voyageur comme une ombre de ruisseau.) »

Vous pouvez acheter la version physique sur CeDe.ch et l’album en digital via iTunes.

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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