Duck Duck Grey Duck: « En Suisse, tu fais ce que tu veux »

JorrisPar Jorris  •  12 Juin 2015 à 13:16  •  Live  •   32 views

A peine débarqué à Festi’Neuch sous une chaleur écrasante que voilà une première interview avec un groupe qui a à coeur de faire monter la température. Duck Duck Grey Duck, un nom particulier, des tatouages de canards accrochés aux bras et un discours engagé.

Posés sur une table de l’espace presse, Robin Girod, Nelson Schaer et Pierre-Henri Beyrière, les trois membres de cette formation genevoise particulière, m’ont accordé un petit moment de leur temps pour quelques questions. De quoi rapidement basculer dans un autre univers.

LMDS: Duck Duck Grey Duck, ça vient d’où ce nom?

R : Ce groupe à la base, c’est une blague parce qu’on est des potes et qu’on joue. On a donné ce nom parce qu’on aime bien le lac, les canards ( Nelson: d’une manière ou d’une autre), de les manger, les regarder, je me les tatoue sur le bras. C’est un hommage à un groupe d’un mec à Portland qui avait le même nom mais avec un A (dans le Gray). Il a monté un label, Mississippi Records, qui est sûrement le label le plus intéressant du monde en matière de réédition. C’était un hommage à ces gars qui ont maintenant un petit magasin dans les rues de Portland et qui sont devenus cultes.

PH : Et par coïncidence, c’est aussi l’équivalent du jeu du facteur dans l’état du Minnesota.

Vous avez sorti votre premier album en février, ça s’est bien passé?

: Oui, on a tout vendu en quelques semaines et on a repressé des cd mais on n’a pas eu le temps pour le vernissage à Genève. Mais ça s’est beaucoup mieux passé que prévu

Comment ça se passe quand il faut represser des disques?

: On n’a pas pu en distribuer en Suisse donc ça a prétérité la Suisse. Le stock qu’on avait pour les concerts est parti pour la distribution suisse du coup. Heureusement, il y a eu la cassettes et le 45 tours entre temps. Finalement, les disques ont été repressés, donc ça va.

Le projet avec Mama Rosin, c’est un projet parallèle, comment on gère ce genre cette double casquette?

R : Par exemple, on a toujours fait de la musique avec Nelson. Et au début quand on jouait avec Duck Duck, il y avait des invités, c’était parfois des mecs de Mama Rosin. Tu vois, à Genève c’est une grande famille de musicien. Avec Mama Rosin on était arrivé au bout du tunnel après 10 ans de tournées. Au final, on le faisait avec moins de feu. En plus on a monté un label et on avait presque envie de plus se concentrer là-dessus. Du coup, cet album avec Duck Duck est tombé à point nommé.

Donc ça a relancé un peu ta vie de musicien?

R : Ouais, si tu veux tout savoir, c’est dur en fait, au niveau financier, même avec Mama Rosin. En Suisse, on ne peut pas gagner de l’argent sans les subventions. C’est une question perpétuelle : savoir rester proche de nos convictions, à savoir faire de la musique organique, cool, belle, pas faire de la merde, et puis on n’aime pas passer à la radio non plus. Là avec Duck Duck, ça se passe bien, typiquement venir dans des festivals comme ici. La question se pose: est-ce que t’acceptes de jouer à côté de Placebo par exemple ? C’est vraiment une question que tu te poses.

Et du coup, ça vous gêne pas de jouer à côté de Placebo?

R: On en cite un là qui est relativement tolérable. Et bon, t’es obligé de faire venir des têtes d’affiche pour que le public vienne. Antonin, c’est un type super cool et je sais qu’il nous a programmé parce qu’il aime ce qu’on fait.

Et Festineuch, vous êtes déjà venus en tant que spectateurs? 

: Ouais moi, en tant que staff, mais j’ai pas pu faire un tour encore. Faut dire qu’on buvait des bières au bar (rire)

Je sais pas si vous avez vu, mais il y a une scène sur le lac cette année. Ça vous dirait de jouer sur le lac, ici ou à Genève une fois?

R : A fond ouais.

PH : On a joué sur des bateaux à Genève.

N : Ou dans les jardins, c’est sympa.

: On adore les petits clubs à minuit, c’est là que les choses se passent. Et n’importe qui te dira que l’expérience est différente que sur une scène. On adore poser deux ampli par-terre et jouer comme ça.

Vous avez fait une reprise d’Au pays des merveilles d’Yves Simon, pourquoi?

R : On aime le morceau, il est génial. L’explication c’est que quand t’es un peu jeune encore, et que tu sais pas très bien ce que tu aimes comme musique, t’achètes Nirvana ou pas.. Du coup t’écoutes Nostalgie et les choses que tu vas retenir, et j’en suis assez ravi, c’est ce qui te rendait curieux. Ce morceau est assez magique, il y a des percus, des voix de mecs, c’est assez féerique. C’est un morceau qu’on a tous aimé.

Ce qui me marque en écoutant votre album, c’est que je reconnais plein de chose et en même temps, il est tout à fait unique.

R : Merci mec, ça je pense que c’est parce qu’en Suisse, il n’y a pas de cadre, tu fais ce que tu veux. C’est le bon côté de la musique en Suisse. En France par exemple, ils ont besoin de t’intégrer dans des catégories précises pour te faire jouer sur des scènes.  En Suisse, il n’y a pas ça. On a cette force d’être assez libre.

Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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