Deep Kick : « On a surtout essayé d’obtenir une cohésion entre nos trois instruments »

YannickPar Yannick  •  23 Jan 2014 à 19:00  •  Interviews  •   44 views

Le 24 janvier, le power trio Deep Kick sort son premier album «Human Buzz». Avant leur concert-vernissage à la Case à Chocs, Filo, David et Fantin effectuent une semaine entière de résidence dans la salle neuchâteloise, afin de peaufiner les moindres détails. C’était donc pour moi l’occasion d’aller à leur rencontre pour parler un peu de leur galette.

filo«Human Buzz«, votre premier album. Vous avez déjà tout de même trois EPs derrière vous. Qu’est-ce qui change, dans le processus de création, entre un EP et un album ?

Fantin : Le temps, l’investissement et le financement. Je veux dire, là on a fait toute une préparation, on s’est enfermé pendant des mois pour composer. Il faut avoir une base de morceaux beaucoup plus grande. Automatiquement quand tu as le triple de titres, tu dois bâcher comme jamais. Ça prend un temps fou, mais il faut le faire sans se presser surtout.

Et concrètement comment s’est déroulé le processus de création. A en croire le livret de l’album, vous écrivez les textes de manière individuelle, mais composez la musique ensemble. Comment mettez-vous tout cela ensemble ?

Fantin : Effectivement, ce sont deux choses séparées. Mais les paroles viennent toujours après la musique…

David : Ça dépend !

Fantin : C’est vrai ? Tu fais ça différemment ?! Bon voilà, à priori on a tous les deux un processus différent. Musicalement, c’est la basse qui arrive d’abord, ensuite on construit tous ensemble. Et puis, pour ma part, j’attends d’avoir la musique pour être inspiré vers un sujet, un texte. Souvent, on a les musiques et on (ndy: Fantin et David) se les répartit ensuite selon notre inspiration.

Les lignes de basses de David semblent être la colonne vertébrale des morceaux, les guitare, batterie et voix venant s’y greffer par la suite. Est-ce vraiment comme cela que vous travaillez, à partir de la ligne de basse ?

Filo : Souvent oui. Lorsque l’on était en pré-production, on s’est principalement retrouvé avec David pour mettre en place les premières idées, Fantin étant en vacances. C’est vrai que souvent David a amené une idée de ligne de basse, mais après on a passablement travaillé ensemble pour arranger les finesses, changer des petites variations dans les mélodies, dans les rythmes. L’idée est de rendre l’ensemble cohérent et que ce ne soit pas simplement un arrangement autour de la ligne de basse initiale.

davidEn parlant de basse, David, je crois savoir que tu mets à profit ta formation d’électronicien pour améliorer ton instrument. Dis nous en un peu plus ?

David : C’est vrai que je touche beaucoup à l’électronique des instruments; les micros, les pré-amplis. Mais en fait, c’est hyper simple et c’est à la portée de tout le monde. Il suffit juste de savoir utiliser un fer à souder, de savoir un peu décrypter un schéma électronique de câblage, et voilà !

Dans quelle finalité ? Obtenir le son le plus pur, le plus puissant possible ?

David : Je dirais plutôt le plus personnel. Obtenir le son que j’ai en tête. C’est pas toujours facile.

Pour en revenir à l’album lui-même, vous me contredirez peut-être mais il sonne un peu plus pop qu’à l’accoutumé. Évolution naturelle ou contrainte de proposer un contenu radio-diffusable ?

Filo : Ça s’est fait assez naturellement. On a surtout essayé d’obtenir une cohésion entre nos trois instruments plutôt que d’avoir des parties individuelles qui ressortent et que ce soit un peu disparate, comme ça a pu l’être sur nos précédentes compositions. Là, je pense que l’ensemble des morceaux est cohérent l’un par rapport à l’autre dans l’album et aussi, en interne, chaque morceau a son atmosphère propre et son énergie qui lui correspond.

Fantin : Je précise que, effectivement, il y a une volonté de notre part d’être plus cohérent et de moins en mettre partout, mais c’était sans penser à un quelconque effet sur le public. On ne fait pas un truc pour plaire, on fait un truc qui nous plaise. Donc, effectivement, il y avait une volonté de changer, mais ce n’était pas en pensant aux répercussions, c’était en pensant à ce que l’on voulait donner.

fantinVos compositions sonnent plus posées, plus mûres. Un sentiment accru par les textes, eux aussi assez introspectifs. Comment expliquez-vous cette évolution ?

Filo : Ça vient certainement du fait qu’on ait eu le temps d’y réfléchir et, surtout, qu’on ait pris le temps de se poser sur chaque détail, sur chaque partie de morceau pour aboutir à quelque chose de bien.

Fantin : Oui, mais je suis convaincu que c’est aussi lié à notre parcours personnel. Quand on écrivait des chansons avant c’était genre « on est jeune, on est au lycée, on fait la fête » donc, musicalement, ça donne quelque chose d’hyper funky qui bastonne. Et puis là, on commence tous à se poser petit à petit, professionnellement il y a des changements… Donc, je pense que c’est lié au fait qu’on se soit nous-mêmes posés et que du coup, ça se ressente dans notre musique. En tout cas, au niveau des textes, c’est clairement ça.

14 chansons, presque une heure de musique. Un format très long par rapport à ce qui se fait actuellement. Un choix assumé ?!

David : Complètement. D’ailleurs c’est drôle car au début il y avait même plus de titres. Et on a éliminé au fur à mesure ceux que l’on pensait les moins intéressants pour l’album. Mais il me semble pas que l’on ne se soit jamais mis de limite… On s’est en tout cas jamais mis de barrières genre « il faut qu’on mette 14 chansons dans la boîte, dont quatre qui sont juste là pour remplir l’espace ». On était vraiment tous d’accord sur les chansons qui restent sur l’album.

Fantin : On avait des choses à dire, tout bêtement. On avait mille chansons en réserve. Quatorze ce n’est qu’une petite partie que ce que l’on aurait pu faire.

Filo : Ça change aussi de ce que l’on peut trouver à l’heure actuelle où on part plus sur du consommable. De la musique McDo que l’on ne va pas forcément écouter jusqu’au bout de l’album. On écoute LE single et le reste de l’album n’est que du remplissage. Nous, on essaie de toucher un public qui va écouter l’album du début à la fin, se prendre dans l’atmosphère qu’on a essayé de mettre dans la musique.

Vous avez choisi pour préparer votre vernissage de résider une semaine entière à la Case à Chocs. D’où vous est venue cette idée ?

Filo : On a profité de l’occasion de pouvoir engager un technicien lumière qui nous fait des jolies loupiotes pendant le concert. Profiter de pouvoir prendre le temps par rapport à la salle. C’est vrai que, souvent lorsque l’on part en concert, on se retrouve face à des problèmes techniques d’ordre sonore ou lumineux qui nous perturbent. Là, vu que c’était aussi l’occasion de la sortie de l’album, on s’est dit « autant prendre le temps de faire les choses comme il faut« .

Yannick

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