Cully Jazz 2017: Mississippi Leyla McCalla

AlexPar Alex  •  5 Avr 2017 à 11:00  •  Live  •   6 views

Leyla McCalla combine toutes ses influences et ses origines pour produire une musique riche et originale. Le concert au Temple du Cully Jazz était complet. Il y avait un petit air de Vaudou haïtien le 4 avril 2017 devant la croix du Christ.

Nous avons assisté à une leçon sur la diversité des sons que les instruments peuvent produire. Leyla McCalla pince et frappe son violoncelle. Daniel Tremblay tapote son banjo. La Bria Bonet frotte son violon. Ça glisse sur la guitare. Et le trio s’amuse ainsi à épuiser les ressources sonores de leurs outils de travail pour le plus grand bonheur des oreilles.

Le trio joue, s’arrête et puis reprend. Les deux banjos entament le même rythme tandis que le violon sort de la mélodie initiale, joue son propre rythme avant d’entrer à nouveau en harmonie avec les deux autres musiciens.

Quelques fois le public met un pas dans l’intimité de Leyla McCalla comme sur le merveilleux ‘Salangadou’. Les trois voix chantent ensemble, harmonisent, l’une répond à l’autre et l’autre fait écho en canon à l’une. C’est un réel moment de grâce et de précision vocale.

La violoncelliste reprend aussi un chant de sa mère – comme une berceuse – qu’elle chante encore à sa fille et nous avons soudain l’impression d’appartenir pour quelques minutes à sa famille.

Certains morceaux sont plus bluesy et d’autres s’apparentent à des chants traditionnels haïtiens. Le rythme s’accélère. Le trio s’arrête encore une fraction de seconde, continue avec une autre base rythmique et puis termine enfin en harmonie.

Un mécontentement ironique et musical

Les changements de mélodies semblent être la marque de fabrique d’un trio plutôt original. L’Haïtienne d’origine chante en créole, en anglais, parle français et partage les histoires qu’elle a recueilli au fil de sa vie pour les mettre en musique.

Elle devient presque politique au moment d’évoquer l’élection de Trump, se tait, interprète le grinçant ‘Money is king’ de Growling Tiger, le trio interrompt son jeu et Leyla McCalla chante a cappella

A dog is better than you.

Le propos est assez clair, je crois. Mais c’est aussi un hommage aux musiques qu’elle aime: le Blues et le Jazz. Elle continue ensuite avec une combinaison originale entre le son d’un triangle et sa voix.

Les applaudissements tombent. Elle revient seule avec sa guitare au milieu du Temple après le premier rappel et reprend un morceau de Patti Smith – si je ne me trompe pas. Ses musiciens l’entourent à nouveau devant l’autel. Le public soupire de bien-être alors que le trio termine son concert avec un morceau instrumental entre orchestre de chambre vaudou et une musique classique épicée sauce Mississippi blues.

C’était aussi une merveilleuse mise en bouche pour la soirée de Fink’s Sunday Night Blues Club du vendredi 7 avril 2017 au Cully Jazz.

 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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