Cully Jazz 2016: Terence le modeste

GlennPar Glenn  •  15 Avr 2016 à 18:34  •  Live  •   2 views

Jeudi 14 avril, le Cully Jazz Festival s’est fait le plaisir d’accueillir un grand nom du jazz en la personne de Terence Blanchard. Entre admiration et déception, chronique d’une soirée.

A chaque fois que je pose les pieds à Cully, je suis émerveillé par le cadre idyllique de ce festival. Les paysages sont à couper le souffle et le bourg est d’un charme sans pareil. Flânant dans le village, la convivialité est le maître mot de ce festival unique en Suisse. Mais assez parlé du décor, la musique était à l’honneur, le jazz dans sa splendeur.

Sous le chapiteau, la particularité du concert était les places assises. Avec une moyenne d’âge deux fois plus élevée que la mienne, il a fallu aligner les chaises pour ce public exigeant. Les Britanniques de Hidden Orchestra font leur apparition sur scène et plongent directement l’auditeur dans l’ambiance, enfin en ce qui me concerne. Car en faisant un petit regard à 360 degrés, je remarque que je suis sans doute le seul à secouer la tête avec le staff du Cully Jazz, qui semble frôler également la trentaine. Le groupe distille un jazz aux influences trip-hop. Le public ne semble pas comprendre et applaudit timidement. C’est dommage car le talent est indéniable mais il ne parvient pas à faire écho auprès d’un auditoire trop distrait à jouer avec son smartphone, tel des ados à l’arrière du bus. Peut-être qu’un peu d’animation vidéo aurait fait l’affaire, la musique quasi cinématographique s’apprêtait parfaitement à cet art.

C’est la pause, le temps d’aller se ravitailler avant l’arrivée de Terence Blanchard, ce trompettiste qui m’a fait vibrer grâce à ses bandes originales pour les films du grand Spike Lee. Le concert débute en grande pompe et le E-Collective qui accompagne Blanchard dans la veine du funk. Cependant, il me semble que son groupe est clairement la vedette, l’Américain place quelques notes impeccables entre les différentes harmonies de manière très sporadique. La virtuosité est au rendez-vous à l’instar du batteur qui est tout simplement époustouflant. Mais quelque part, on attend toujours le Néo-Orléanais partir dans un délire improvisé. Ce ne sera malheureusement pas le cas. Le concert est trop millimétré et quelque part frustrant car il manque ce brin de folie si propre au jazz. Je sors du chapiteau un peu désabusé, n’ayant peut-être à mon tour pas compris…

 
Auteur:
Glenn

N’aimant pas particulièrement la musique, j’ai été catapulté ici par hasard et au-delà de ma volonté. Préférant l’austérité à la frivolité du spectacle de la débauche auditive, je compte les jours qui me permettront à long terme de devenir sourd. Le vacarme m’étant insupportable.

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