Cully Jazz 2016: Un sentiment et du bon son

AlexPar Alex  •  10 Avr 2016 à 13:08  •  Live  •   4 views

Cully redevient durant neuf jours le point de rencontre des mélomanes et autres amateurs de bons moments. Le Cully Jazz Festival offre ainsi la possibilité aux festivaliers de passer des nuits interminables dans les trois salles payantes ou dans les différents caveaux aux concerts gratuits.

Cet équilibre donne toujours une tonalité particulière à la programmation et offre peut-être une liberté plus grande aux programmateurs. On revoit aussi des visages connus dès l’arrivée sur le site du festival et l’on a parfois l’impression de faire partie d’une grande famille. Le même refrain se répète d’éditions en éditions et, franchement, on ne se lasse pas de ce sentiment Cully Jazz.

On se remémore également quelques instants musicaux particuliers lorsque le train (si seulement un jour les trains de nuit allaient jusqu’à Neuchâtel) longe le lac Léman et entre ensuite dans Lavaux. Et puis l’on espère revivre de tels instants lors de l’édition 2016.

On revient impatient de retrouver le Next Step, le Temple, le Chapiteau, les Caveaux et avec une nostalgie de certains concerts qu’on a vu et qu’on aurait aimé revoir indéfiniment (Dom La Nena, par exemple). Enfin, à force de déambuler une année après l’autre dans les rues étroites et parfois pentues de Cully, le village est devenu familier.

Bernhoft, the funky norwegian

Le Cully Jazz n’est pas seulement un sentiment mais surtout de la musique. Merci de nous préciser cela Alex ! C’est effectivement un festival de musique et tu écris pour une plateforme d’actualité musicale. Bravo ! C’est admirablement compris.

Ce 9 avril 2016, j’ai mis la dérision de côté pour éviter l’ennui chez le lecteur et j’ai plutôt suivi l’instinct de la curiosité. Celle-ci m’a emmené au concert de Bernhoft. Honnêtement, je ne connaissais pas le Norvégien aux lunettes noires et à la chemise blanche avant son concert au Next Step. Mais j’avais vu la vidéo qui accompagne sa description sur le site internet du festival et je m’étais dit : « Bordel, ça l’air bon !« 

Résultat ? Un mec seul en scène qui parle de timidité au début du concert, puis qui invite les spectateurs à se déhancher à la manière d’une anguille nordique, qui touche lorsqu’il se fait plus mélancolique et, enfin, qui danse sensuellement à la fin. Un musicien qui utilise la superposition de rythmes et de mélodies pour construire soit un funk propre en ordre, soit une soul surprenante. Des sons qui ont clairement fait s’agiter et s’émouvoir toute la salle au point que l’annonce du prochain concert a été perturbée par les applaudissements quasi inarrêtables du public.

C’est aussi un showmen qui a fait rire le Next Step lorsqu’il a raconté l’histoire d’une arrestation en Californie. Vrai ou fausse anecdote ? Ce n’est pas important. Il accuse le morceau ‘Rosanna’ de Toto et son crescendo d’avoir provoqué son interpellation pour excès de vitesse. C’était drôle de le voir jouer à la fois son rôle dans la Mustang louée et celui du policier qui ne l’a finalement pas amendé parce qu’il ne connaissait pas très bien la Norvège apparemment. Ce que je retiens ? Une voix élastique et impressionnante qui est autant à l’aise dans les aigus que les graves. De l’énergie et du plaisir.

La passion du jazz du Panama’s Jazz Band

L’énergie et le plaisir m’ont donc accompagné durant le reste de la soirée et l’errance entre les différents caveaux. Nous nous sommes arrêtés par hasard au Biniou avec un ami. Cela swinguait, c’était quelque chose. Nous nous trouvions derrière un homme de deux mètres. Autrement dit nous n’avons rien vu mais tout entendu et le chevronné Panama’s Jazz Band a fait plaisir. Il y avait de la clarinette, du banjo, du saxophone alto, du trombone, du tuba, de la guitare, beaucoup de sourires, de l’amitié et des musiciens passionnés.

Le Panama’s Jazz Band à de quoi redonner au Panama des couleurs moins scandaleuses et plus musicales.

Le Cully Jazz Festival continue jusqu’au 16 avril. Et je vous conseille vivement le mercredi 13 avril pour le combo suivant : le film « Havana Cultura Rumba Sessions : la clave », les concert de The Waffle Machine Orchestra et de Daymé Arocena. Et puis notez enfin le concert de José James le samedi 16 avril. Une interview de l’américain paraîtra peut-être tantôt sur LeMurDuSon.ch. Vous retrouvez toutes les informations nécessaires sur le site internet du Cully Jazz.

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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