Christian Kjellvander – « A Village: Natural Light »

AlexPar Alex  •  20 Oct 2016 à 07:00  •  Albums  •   11 views

La création de paysages par la musique, l’idée semble étrange, presque farfelue. Et pourtant Christian Kjellvander le fait justement dans son dernier album « A Village: Natural Light ». Ses compositions évoquent par les notes comme un poème par les mots.

Il y a d’abord l’envie de grandeur qui se réveille et que l’auditeur se prend de plein fouet dans la figure dès le premier morceau. Comme pour provoquer en lui un besoin d’espace, la soif de liberté. La même qui apparaît sur la couverture de l’album.

Une impression de plénitude surgit dès lors sur ‘Shallow Sea’. L’album s’ouvre ainsi par des coups de cordes de guitares – ou pincements – qui résonnent en écho dans la mélodie. Et puis la voix de Christian Kjellvander qui se pose, suave. Elle occupe les espaces vides entre les notes éparses du piano. Une voix féminine s’y superpose : « We can both go swimming on the shallow sea« .

L’ouverture est dès lors une réussite et cela est bon signe, même si un début pareil peut aussi, à l’inverse, augurer une suite moins merveilleuse. Quelques sonorités électroniques parcellent également tout l’album et donnent ainsi de l’ampleur au mélodie, de la profondeur plutôt.

Et ça continue ! Un harmonium légèrement distorsionné introduit ensuite ‘Dark Ain’t That Dark’ comme si c’était un clin d’oeil au You Want It Darkerde Leonard Cohen – on pense notamment aux harmonies et vocalises dans les morceaux de Kjellvander qui abondent aussi dans le “Live from Dublin“ du poète canadien.

La basse s’intensifie ensuite toujours dans le même morceau. C’est une composition sombre avec des éclats de lumières. Elle se termine par un solo de guitare délicat et presque funky. La rythmique se fait aussi plus enjouée sur l’excellent ‘Misanthrope River’. Et de manière général l’album oscille entre mélodies mélancoliques et sursauts plus rapides.

Un mélange entre noirceur extrême et candeur lumineuse traverse par ailleurs tous les morceaux. Ainsi ‘Riders In The Rain’ sonne comme une berceuse avec des paroles très obscures, presque glauques : « Do you remember when we made love in the cementery« .

L’album se trouve par conséquent dans un bouquet musical de chrysanthèmes et de roses rouges. Les morceaux sont des pétales pleines de délicatesse, à la fois dérangeantes et merveilleuses. Le tout s’épanouit dans l’amplitude, la puissance presque poétique que Christian Kjellvander donne à toutes ses mélodies.

Une respiration discrète qui effleure l’oreille comme un murmure bienveillant et un souffle parfois glacial. Des textes d’outre-tombe, des mélodies célestes, un album crépusculaire.

 

« A Village: Natural Light »

Christian Kjellvander

2016
 
Auteur:
Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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