Du Chiptune à la Synthwave: quelques musiques de jeux vidéo

JorrisPar Jorris  •  21 Fév 2017 à 14:47  •  Magazines  •   15 views

En regardant mes différentes playlists ces derniers temps, je me suis rendu compte que j’écoutais beaucoup de musiques électro tirées de jeux vidéo. Petit aperçu de ce qu’il se fait entre ces deux mondes.

Si vous me connaissez personnellement (ce que je vous souhaite, je suis plutôt sympa), vous m’avez sans aucun doute déjà entendu parler de jeux vidéo et de musiques, et notamment d’un certain monsieur que j’apprécie énormément : Carpenter Brut. J’en ai déjà parlé ici même, mais je vous en reparle volontiers encore tellement son esthétique et ses sons sont uniques. Carpenter Brut, c’est un Français qui aime quand ça tabasse en soirée.

Son esthétique ajoute à sa musique électro synthwave aux goûts 80’s une touche particulièrement savoureuse. Je l’ai découvert dans Hotline Miami 2 : Wrong Number, un jeu vidéo qui ne fait pas dans la dentelle, enivrant, violent et savamment mis en scène par la musique.

Une question de boucle et de production

La musique, dans un jeu vidéo, doit être une boucle capable de tenir les actions du joueur sous peine que ce dernier ressente une certaine distorsion entre ce qu’il se passe à l’écran et la musique qu’il entend. Il faut que cette dernière commence et se termine aux bons moments. Et quoi de mieux que de la musique électro pour réaliser des boucles ? Tout le principe même de la musique électro réside dans sa structure circulaire, parfaitement adaptée aux multiples actions d’un jeu vidéo qui pousse à faire, refaire et retenter jusqu’à réussir.

Hotline Miami 1 et Hotline Miami : Wrong Number ne sont pas les premiers jeux vidéo à intégrer des musiques de producteurs ou de DJ. On retrouve notamment sur la bande originale du jeu Furi (2016), des noms extrêmement intéressants comme Waveshaper, The Toxic Avenger, Lorn, Kn1ght ou encore Carpenter Brut. On ne peut désormais plus véritablement parler de musiques de jeux vidéo mais bien de musiques tout court. Des vinyles sont pressés, des tournées sont réalisées et des artistes découverts grâce aux jeux vidéo. On est très loin des quelques notes de chiptune qu’on pouvait attendre en jouant à ces jeux vidéo.

De quoi parle-t-on ?

Le chiptune, justement, est un genre musical produit directement par la machine et non des enregistrements audio. Ces sons 8-bits ont marqué de leur emprunte l’histoire des jeux vidéo par des sonorités stridentes, simples, métalliques mais surtout rapidement ingérées par le grand public. Il suffit d’entendre les premières notes du thème de Mario pour savoir qu’il s’agit de Mario. Si le chiptune a légèrement disparu à l’aube de la 3D en temps réel et des technologies apportant une qualité de son supérieure, son influence perdure encore.

Les artistes cités précédemment peuvent être compris dans cette logique de filiation entre le chiptune et la synthwave. Et d’autres artistes, comme le Suédois Souleye, ont même décidé de remettre au goût du jour le chiptune. Souleye a signé la bande son du jeu indépendant VVVVVV, un jeu ultra minimaliste dans son esthétique, accompagné d’une musique électro chiptune moderne qui a le chic pour véritablement participer à l’expérience de jeu, et non être un son d’arrière-fond. Les actions du joueur sont presque conditionnées par le musique, poussant le jeu à devenir une sorte de jeu de danse.

Une collaboration fructueuse entre deux mondes

De plus en plus d’artistes et producteurs signent des bandes sons de jeux vidéo, cherchant à explorer d’autres manières de faire de la musique. L’électro, se prêtant bien à cette industrie, a su exploiter ses caractéristiques rythmiques pour s’installer gentiment dans le paysage vidéoludique. Une sorte de retour à la machine pour ces sonorités.

 
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Jorris

Personne ne sait véritablement ce que je fais dans cette rédaction à part râler sur Yannick. Sinon, j’attends le comeback d’Elvis Presley.

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