Charles Bradley – « Victim of Love »

OlivierPar Olivier  •  20 Avr 2013 à 19:48  •  Albums  •   94 views

Cela faisait un petit moment qu’on l’attendait, il est maintenant disponible. Charles Bradley, le soulman sexagénaire (soixante-quatre ans précisément) a publié au début du mois son second album, « Victim of Love« . Successeur du très traditionnel « No Time For Dreaming« , sorti en 2011, cet opus de celui qui a connu à peu près toutes les misères du monde se veut plus varié, plus osé puisque le bon Charles et son groupe s’aventurent quelques fois dans des territoires nouveaux où règnent guitares fuzzées et plaquettes d’acide.

Charles Bradley - "Victim of Love"

Ces nouvelles expéditions – dans l’ensemble – réussies nous font découvrir d’autres facettes du New-Yorkais. Il nous emmènera donc du côté de la psych soul avec ‘Confusion‘ et ses samples bien bizarres, après avoir imité James Brown pendant des années il se prendra pour Hendrix le temps de ‘Where Do We Go From Here‘ – meilleur morceau de l’album -, il réduira l’importance de ses musiciens au minimum sur la ballade acoustique – un peu en-dessous des autres titres – ‘Victim of Love‘… avant de leur laisser une plage entière, ‘Dusty Blue‘, pour qu’ils se fassent plaisir et organisent un beau duel de cuivres.

Une piste qui nous permet d’apprécier encore une fois la qualité de jeu de ses Extraordinaires, autant importants au son global que la voix toujours autant éraillée et poignante du Screamin’ Eagle.

Le reste de l’album est, quant à lui, plus classique. Les compositions se veulent plus ou moins rythmées, plus ou moins plaintives, plus ou moins mielleuses mais elles possèdent toutes le goût revival 60’s-70’s qui définit les productions du célèbre label Daptone et sont toutes de bonne facture. Les fans de « No Time For Dreaming » s’y retrouveront largement, pas d’inquiétude à avoir pour eux.

L’heure de la consécration ?

Et si avec ce « Victim of Love« , Charles Bradley recevait enfin la reconnaissance qu’il mérite ? Non pas qu’il n’en ait aucune, le personnage est connu depuis quelques années par les amateurs du genre, mais quand est-ce-que le grand public saura s’intéresser à lui ? Il est quand même l’un des seuls soulmen de notre époque à chanter et à vivre ses concerts comme James Brown et consorts le faisaient il y a maintenant quelques dizaines d’années, sacrebleu !

Il serait en tout cas intéressant pour la soul music en général que cet opus, certes moins accessible, mais plus varié, de Mister Charles se propage via les ondes radiophoniques et que les gens soient pris de groovéite aigüe.

Le Monde n’en irait que mieux, j’en suis persuadé.

httpv://www.youtube.com/watch?v=rgnQYvzRDiQ

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