C’était le grand soir

PatrickPar Patrick  •  16 Juil 2016 à 19:12  •  Live  •   8 views

Nous en avons eu des concerts merveilleux cette année à Montreux. Mais Woodkid, vendredi, a sorti le grand jeu. Divin moment.

Crédit photo: Daniel Balmat/MJF

En plus de 650 concerts, je n’avais jamais vécu ça. Un artiste a réussi à me faire lâcher une larme. Même deux. À deux reprises, l’émotion, la beauté et la perfection étaient à leur paroxysme. Avant d’atteindre cette apogée, revenons sur le déroulement du concert.

Tout commence par l’angoisse. Sorti du bureau très tard, je ne sais pas si j’arriverai à temps pour le début du concert. Non! J’avais noté Woodkid en gros dans mon agenda et je risque de rater les premières mesures. Un sprint depuis la gare de Montreux, vite mon bracelet, je prends le programme du soir et je suis obligé de m’arrêter dans les escaliers menant au Stravinski. En plus de Yoann Lemoine, il y a 59 noms sur la line-up. Le Lyonnais avait promis des surprises, il n’avait pas menti. C’est un orchestre qui l’accompagne, le Sinfonietta de Lausanne (orchestre qui se produira à Paléo également, le dimanche). Ce ne sera pas un concert comme les autres, le chef d’œuvre peut commencer.

Un sourire, puis les larmes

Les premières mesures sont accompagnées d’un chœur de fillettes avant de débuter de manière tonitruante sur ‘Iron’. Le public est déjà en feu. Woodkid enchaîne les titres avant de rappeler qu’un concert se vit avec ses yeux et non son smartphone. Merci à lui de le rappeler. Il profite de la Sinfonietta de Lausanne pour présenter au public un extrait de la bande-originale de Desierto dont il est l’auteur. «Vous m’excusez, mais j’ai envie de prendre trois minutes pour écouter ma musique», dit-il en souriant en quittant la scène.

Envolés les murs d’image derrière lesquels il se cachait, place à la pureté. La musique comme seul port d’attache, Woodkid ne peut masquer ses émotions au fil des minutes. Le public chante avec lui, danse avec lui, applaudit ses invités même s’il ne les connaît pas. 1h30 de concert, Woodkid annonce que c’est la dernière chanson, mais qu’elle sera revisitée. Il entame à nouveau ‘Iron’, histoire de boucler la boucle en beauté. Les émotions sont à fleur de peau, le sourire est ancré sur mon visage, les larmes de joie montent gentiment.

Dès ce moment, les poils se dressent, le cœur palpite. Ce qu’il y a devant moi est tout simplement splendide, il n’y a pas de mot. Il tire la chanson jusqu’au bout en laissant soin à l’orchestre de se faire plaisir. Puis il s’en va. Le public continue à taper des mains et chante, plus que ça, il hurle les chœurs de ‘Run Boy Run’. Yoann Lemoine revient sur scène les larmes aux yeux et s’assied sur le bord de la scène. Il ne faut pas longtemps que je sente aussi une perle glisser sur ma joue. L’orchestre enchaîne sur ‘Run Boy Run’, évidemment, avant qu’il rappelle Ed Droste (de Grizzli Bear) pour chanter ‘Boat Song’ à deux, puis l’actrice Elle Fanning – qui montait sur scène pour la première fois – pour un final en toute beauté avec ‘Brooklyn’.

Woodkid reviendra au Jazz. Ce sera grand, ce sera beau, je ne manquerai ça pour rien au monde et vous avez intérêt à faire pareil.

 
Auteur:
Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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