Et c’est la Case qui a dansé

MalvinPar Malvin  •  15 Oct 2017 à 16:08  •  Live  •   41 views

Sous l’effigie d’un tropicalisme ambiant, la Case à Choc nous a présenté ce duo parisien qui plaît tant en ce moment, dans une salle heureuse et comble. Comble, oui, pour eux en tout cas.

Bon, avant tout, comment ne pas refaire l’apologie de cette salle de concert. Le cachet des lieux ne me laisse jamais indifférent. Des couleurs et des étages, un état brut bien conservé et des recoins labyrinthiques. Le contexte se prête tant bien aux prémices de la soirée qu’à la mise en état propre de nos pensées festives. Et il y a du picon. C’est enchanté que je rentre dans la salle principale ce soir-là, pour ne découvrir hélas qu’un espace maigrement occupé de présence humaine.

« De toute façon on se retrouve là-bas, non ?  »

Ce qui laisse filer mon premier point : la place courageuse et souvent peu considérée des premières parties. Et ce soir-là, c’était à Ella Soto de commencer. Certes, il manquait peut-être un peu d’expérience scénique à la jeune Lausannoise, certes, le public n’adhérait peut-être pas à sa musique bien différente à celle de Polo & Pan, mais ceci n’explique en rien l’air vide qui circulait entre nous. C’est au public, au sens large, que je m’adresse. Après avoir payé un billet et reluqué (ou pas) la programmation de la soirée, le manque de considération et de curiosité pour les fioritures est un fait, largement observable. Seul l’objet principal importe. Un pli qui agit fortement en festival, mais de là à une soirée unique ?

Cela m’attriste donc quelque peu d’observer des gens préférant prolonger les before chez eux plutôt que de se plonger dans l’entièreté d’un projet donné, qui est celui de concevoir une programmation musical le temps d’un soir, du début à la fin. Je ronchonne, et je m’appuie fort sur des valeurs qui me sont propres. Dans tous les cas, bien les trois quarts du public auront raté ce soir une auteure-compositrice intègre et touchante, dont ses projets volent haut, notamment sa dernière création « SISTERHOOD », sorti cette année chez Creaked Records. Bravo à toi, Carmela !

« C’est normal d’être mal à l’aise, là ? »

L’air et l’espace se raréfie ensuite. Dix minutes auront suffit à nous faire comprendre que Polo & Pan débutait. Tentures tropicales, voix robotisées, regards espiègles et vibraphone infra-bassé, nombreux sont les détails qui les caractérisent, et les deux compères ont su d’entrée jouer avec, surfant sur cette vague lustrée, carré, peut-être un peu trop, mais professionnellement délectable. C’était bon, c’était bien, il savent se faire plaire. Mais petit à petit, un détail en particulier grossit, prend de plus en plus de place, littéralement, pour ne devenir réellement qu’un problème, une gêne sensitive, un désordre au bon fonctionnement du live : ces chanteuses.

Toutes vêtues de peignoirs motifs colibri et conifères, leur présence vocale indispensable se fait rapidement submerger par leur présence tout court. Le mot « synchronisation » n’était pas au rendez-vous ce soir-là, laissant ces deux âmes séparées, connexion aucune, voltiger en tout sens et tentant parfois un semblant de chorégraphie bien souvent avorté. Brouillon, futile. C’est en guignant les alentours que j’entrapercevais les regards parfois amusés, parfois mal à l’aise, des gens. Je fermais alors les yeux, là où leur voix uniquement se posaient parfaitement sur la musique. La danse, seulement alors, reprenait.

Une bien bonne soirée en somme, emplie tout de même de danse et pas mal de réflexions. À la vôtre !

 

« Caravelle »

Polo & Pan

Hamburger Records
19 mai 2017
 
Auteur:
Malvin

Par une douce nuit de Printemps, je m’engouffrais dans une pénombre magnétique. De là retentissaient de faibles vibrations, profondes, vraies. Dès lors, je n’ai cessé de traquer l’essence de cette musique. La bête me menait de voyages en découvertes, au milieu d’une vibrante atmosphère aux aspects dub, électro, rock psychédélique…

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