Broken Back: «Ça fait sens aujourd’hui d’être indépendant»

PatrickPar Patrick  •  17 Juin 2017 à 14:24  •  Interviews  •   7 views

Broken Back c’est une des belles rencontres de Festi’Neuch 2017. C’est aussi une belle histoire, un de ces chemins de vie dont on ne peut que reconnaître l’abnégation et dire: «Bravo Monsieur»

Car Broken Back n’a pas toujours été musicien, non non. Il a commencé par monter sa start-up dans la maroquinerie avant de subir un déplacement des vertèbres qui l’a obligé à tout stopper. Durant sa longue convalescence il a pris une guitare, a appris à en jouer et a commencé à multiplier le succès, notamment sur YouTube. Toujours pas remis à 100%, Jérôme, de son prénom, en a marre du canapé à interview de Festi’Neuch et nous le propose alors que lui, humble, s’assoit sur la petite table basse. «Je suis mieux comme ça, promis». C’est parti!

Première question, comment vas-tu? Ce n’est pas trop difficile la tournée?

Ça va de mieux en mieux. Le secret est dans les étirements et avoir un bon ostéopathe qui me remet régulièrement sur pied. La tournée c’est un marathon, c’est ultra physique, donc c’est important d’avoir une bonne hygiène de vie et un sommeil réparateur.

T’as commencé il n’y a pas si longtemps au final, est-ce que tu t’attendais à être propulsé de cette manière?

Non du tout. J’avais aucune ambition au début que celle de me soigner avec la musique, c’était mon exutoire il y a quatre ans. Petit à petit je suis retombé amoureux d’une ancienne passion: la musique. Je n’ai pas réussi à m’arrêter et c’est allé au-delà de ma convalescence. Avec internet, je voyais que cela grossissais et rapidement j’ai voulu passer d’un confinement virtuel à quelque chose de plus tangible. Simplement vivre quelque chose de plus fort.

Etudes, start-up, c’est le passé ou comptes-tu y revenir?

J’ai terminé mes études en parallèle quand même. Je suis resté associé à la start-up, même si je n’y travaille plus. Ensuite j’ai monté label, donc une sorte de nouvelle start-up.

T’es un maniaque de l’entrepreneuriat en fait…

C’est la meilleure option pour être totalement indépendant. Dans mon projet, c’est la même personne qui fait la composition, l’écriture, la production et pour cela il faut un label. Ça fait sens de monter sa structure et de pouvoir tout gérer soi-même en indépendant.

Au niveau des textes, de quoi t’inspires-tu pour écrire?

Ce sera souvent inspiré de faits autobiographiques mélangés avec l’inspiration du moment, si je suis témoin de quelque chose ou que je lis quelque chose.

T’as choisi l’anglais pour t’exprimer, cela ne t’éloigne-t-il pas de tes compatriotes?

Non je ne pense pas. C’est clair par contre que c’est plus dur de percer en France en chantant en anglais, ça, c’est clair. Il n’y a pas la volonté de toucher un public plus large, je voulais surtout raconter des histoires et que les gens puissent les interpréter quelle que soit leur langue et où ils sont dans le monde. La langue influe sur la perception qu’on a de la musique et du projet. Moi, c’est n’était pas de la chanson française mon projet.

Comment définirais-tu ton style de musique?

Je dirais que c’est de la folk-électro. Folk parce que tout commence par une composition accoustique. La partie électro arrive dans un second temps, au moment de la production. C’est pour ça que je préfère parler de folk-électro plutôt que d’électro-folk.

Quand j’écoute, l’ambiance me fait penser au surf, à la plage, un truc plutôt chill. Toi qui vient de Saint-Malo, ça surfe pas mal en Bretagne?

(Rires) J’ai essayé de surfer quand j’étais plus jeune, mais le surf ne m’aime pas. Il n’y a pas de très grosses vagues à Saint-Malo. J’ai passé beaucoup de temps à les attendre et n’ai pas pu beaucoup progresser.

Surtout avec la météo bretonne…

Ah non, ça je te l’interdis! Il n’y a pas de vagues peut-être, mais par contre pas de pluie non plus, c’est une légende.

Plus sérieusement, la suite, t’as un rêve de featuring ou une scène qui te fait rêver?

Les prochaines étapes, parce que j’ai l’impression de vivre un rêve éveillé chaque jour qui passe, d’abord de nouvelles collaborations qui vont se confirmer ces prochains mois. Après, il y a des scènes qui me font rêver, comme l’Olympia que je vais pouvoir faire en décembre prochain. Des festivals mythiques aussi… Festi’Neuch par exemple, je ne connaissais pas et c’est vraiment génial, c’est assez gros et en même temps super mignon, j’adore. Paléo aussi je suis très enthousiaste pour le mois de juillet. En France, faire une tournée des Zénith c’est un peu le rêve. Ça te permet d’aller beaucoup plus loin dans la création d’un show. Ça ouvre le champ à plein d’autres types de composition et création. C’est vraiment un objectif de carrière.

Quelles sont tes premières impressions de Festi’Neuch, de savoir que tu vas jouer face au lac?

Je pense que ça va être un des plus beaux cadres dans lequel j’ai joué. Dans les endroits un peu dingues comme celui-ci, il y a eu le sommet d’une montagne, un amphithéâtre grec à Marseille près des Calanques, à Lacanau face à la mer et maintenant ici.

Ce genre d’expérience de lieux insolites, cela te permet-il de trouver une nouvelle inspiration?

Pendant ma convalescence j’avais du temps, j’étais posé pour écrire et composer. En ayant pris goût à la tournée, je n’ai pas eu envie d’arrêter de jouer pour composer. J’écris en permanence, donc oui, j’essaye d’enregistrer toutes les idées que les lieux peuvent m’inspirer à la volée avec mon dictaphone. Maintenant j’ai une centaine de petites mélodies ou d’idées que j’ai pu avoir dans ces endroits magnifiques.

 
Auteur:
Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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