Bright Insomnia : « Le rock et le métal symbolisent pour moi un coup de pied dans la fourmilière »

ClairePar Claire  •  20 Déc 2017 à 07:00  •  Interviews  •   169 views

Nous vous les avions présentés en mars dernier. Si si, souvenez vous, ce groupe de rock metal qui cherchait un peu de soutien pour sortir son premier EP. Et bien c’est fait ! Bright Insomnia a pu sortir « Unbroken » le 27 octobre dernier.

Le groupe assure que sans le crowdfunding, « Unbroken » ne serait pas né cette année. Avec un résultat 30% plus élevé que leur objectif, le groupe se dit : « surpris par tant de soutien ». Bien que les nouveaux modes de consommation de la musique ne soient pas toujours favorables aux artistes, voilà un bel exemple des opportunités amenées par la société 2.0:    « L’apport du crowdfunding nous a permis de pouvoir être plus réactifs et rapides dans nos démarches. Ça a été un vrai boosteur pour le projet. »

L’aventure EP

La sortie d’un premier EP est une aventure pour chaque groupe ou chaque artiste. Bien que l’excitation soit au sommet, la pression est à son comble. Les contretemps et les imprévus sont de mise mais la deadline doit pourtant être respectée. Bright Insomnia en a fait l’expérience et affirme que : « L’aventure a été bien plus riche en événements, en partages, en doutes et en surprises que l’on imaginait ». En étant en auto-production, le groupe a bénéficié d’une grande liberté de choix en termes de musique, de graphisme ou de communication. Chaque membre du groupe a alors dû mettre sa patte dans la création de l’EP pour arriver à l’objectif original, qui était de sortir trois titres de qualité pour faire connaître leur musique. Malgré les obstacles, le groupe assure qu’il referait pareil: « chaque étape du processus nous a aidé d’une manière ou d’une autre à forger un peu plus notre identité. »

Et qui dit aventure, dit anecdote. Le groupe nous en a raconté une qui nous a fait beaucoup rire: « Cela nous tenait à cœur de remercier les contributeurs du crowdfunding sur la pochette de l’EP. Nous avons donc rédigé un petit mot en anglais à leur attention que nous avons communiqué à la graphiste. La graphiste nous renvoie la première épreuve, on se concentre sur les retouches photo, mise en page etc. Puis, lorsqu’ elle nous envoie la 2ème version de la pochette, un truc nous attire l’œil dans les remerciements: au lieu de remercier tous nos backers (personnes qui nous ont soutenu/contributeurs) ont a bien failli remercier tous nos bakers (boulangers !!! ). »

Convaincu qu’il faut savoir s’adapter à l’évolution du monde musical, le groupe a choisi de sortir une version physique ainsi qu’une version numérique de leur EP. C’est d’ailleurs cette dernière version qui a eu le plus de succès jusqu’à maintenant. Bien qu’elle soit sorti il y a quelques semaines seulement, ce premier EP a reçu un très bon accueil d’un public varié et intergénérationnel.

Bousculer l’ordre établi

Lorsque nous les avions interviewés, les membres de Bright Insomnia nous avaient expliqué que pour eux, le rock et le métal étaient des musiques qui bousculent l’ordre établi par notre société, des genres qui mettent le doigt sur les dysfonctionnements de notre mode de vie et les tourments qu’ils occasionnent. Leur musique met en exergue le côté « beau » comme le côté « moche », les deux faces du monde et de l’humanité : « On aime la décrire comme la dualité du clair et de l’obscur, une musique qui passe d’ambiances atmosphériques, mélancoliques et aériennes à des passages massifs et soutenus ».

Les trois chansons choisies pour ce premier EP reflètent cet état d’esprit. Chacune d’elle porte son message, sa réflexion sur notre monde d’aujourd’hui et les questions face auxquelles il nous met. On sent par ces trois titres que le groupe ne fait pas de musique pour la simple envie de se divertir mais qu’il souhaite raconter une histoire, des expériences, des ressentis, auxquels leur public peut s’identifier. On ressent l’envie de faire bouger des choses, d’apporter une pierre à l’édifice et même peut-être d’aider certaines personnes par ces messages. Par l’utilisation de métaphores, le groupe tient à ce que le public puisse s’approprier les textes et y trouver le message qui fait sens pour lui.

Les trois titres sont passablement longs puisqu’ils durent chacun environ cinq minutes. Tant les mots que les mélodies racontent ces petites histoires. Entre le métal, le rock et l’atmosphérique, la puissance et la douceur se mélangent et créent ainsi une symphonie d’émotions diverses. Malgré la puissance des mélodies et des rythmes, la voix et les mots trouvent leur place.

Un conte de métal mystique

Le groupe a choisi de mettre ‘Unbroken’ en titre d’ouverture car il est très dynamique. Bien que le premier sentiment puisse donner une impression de colère, de revendication, c’est en fait la force qui est mise en avant dans ce titre. La force d’aller de l’avant, la force de ne pas se laisser abattre par les épreuves, la force de ressortir plus fort des expériences douloureuses.

‘Dead water’, le deuxième titre, est bien plus sombre et traduit le style métal du groupe. L’énergie et les rythmes donnent le sentiment d’une course contre la montre. Le morceau parle de la détérioration de notre environnement et du manque de responsabilité que l’humain assume face à son empreinte écologique.

Finalement, le dernier morceau ‘Deep Within‘ reflète le style atmosphérique et progressif de Bright Insomnia. J’aurais même envie de dire qu’il est atmosféérique, tant il m’a faite voyager dans un univers mystique. Il raconte la quête de l’humain dans son rôle dans notre monde et son questionnement face à ses croyances. Les mélodies et la profondeur de la voix en font mon morceau préféré.

Le groupe se dit fier et reconnaissant: « Nous sommes très heureux d’avoir pu réaliser ce premier EP et de pouvoir maintenant partager et faire découvrir notre musique. » Vous aurez sûrement la chance de découvrir Bright Insomnia en live en 2018 et leur 1er album en 2019.

Et pour remercier tous les lecteurs du Mur Du Son, Bright Insomnia a concocté une petite vidéo exclusive.

 

« Unbroken EP »

Bright Insomnia

27 octobre 2017
 
Auteur:
Claire

Réveillée depuis petite par un papa qui presse « play » dès le réveil, j’avais deux options : détester la musique ou la chérir. J’ai choisi la seconde. Depuis, elle ne me quitte plus et berce mon quotidien.

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