Big Daddy Wilson : « Le blues, c’est la vie »

LauraPar Laura  •  19 Avr 2015 à 12:00  •  Live  •   2 views

Big Daddy Wilson, c’est ce papa que tu aimerais bien avoir. Celui à la voix très chaude et profonde qui te conterait des histoires avant de dormir. Sauf que lui il ne se contenterait pas de te la lire, il te la chanterait. Toi, tu t’endormirais avec le sourire aux lèvres.

Le Cully Jazz se termine avec le sourire. Le soleil a refait une apparition, les gens ont montré le bout de leur nez et semblaient ravis. Moi aussi, d’ailleurs. Avant de filer au Next Step pour assister à son show, Big Daddy Wilson s’est livré à moi. Pour votre plus grand bonheur.

Ce n’est pas votre première fois en suisse, vous avez déjà été en contact avec le public local. Diriez-vous que ce public comprend bien le blues ?

Je pense que oui. Il répond de façon positive et il le chérit. Tout est à propos de la vie, nous sommes tous connectés. C’est une plateforme qui aide les gens à rester connecter les uns avec les autres et les Suisses l’ont très bien compris.

On dit souvent du blues que c’est un genre dans lequel on se plaint beaucoup. Doit-on vraiment vivre cette dure et pauvre vie pour être un véritable bluesman ?

Non. Le blues c’est la vie, et la vie est parfois difficile. Pour moi, le blues c’est quelque chose de positif. L’histoire du bluesman est celle d’un homme qui a rencontré la musique à un moment de sa vie qui était difficile. Cette musique s’est emparée de lui et l’a aidé à s’en sortir. Tu n’as pas à avoir vécu une vie difficile ou venir du Sud. Tu dois juste vivre ta vie et raconter une histoire à son propos.

Vous avez connu le blues en Allemagne et dès ce moment-là vous avez trouvé cette partie en vous qui vous manquait. De quelle part s’agit-il ?

Pendant très longtemps, j’ai été très timide et j’étais effrayé à l’idée de m’exprimer. Le blues m’a donné cette capacité à exprimer ce que je ressentais de plus fort. Le jour où j’ai été capable d’être en connexion avec le blues, j’ai su qui était le vrai Wilson, que c’était mon histoire et que je devais faire quelque chose avec ça.

Pourquoi Big Daddy Wilson ? Vous avez l’impression d’être comme un père pour nous ? Celui qui nous raconte des histoires avant de dormir ?

Haha, pas du tout. Je suis père de trois enfants, mais ils sont déjà grands maintenant. Pour vous, je me considère plus comme un frère, ou un ami. En ce qui concerne mon nom, la chose est plutôt simple, je cherchais juste quelque chose de cool.

Vous êtes nés aux États-Unis, mais avez construit votre carrière de bluesman en Allemagne. Est-ce que cela change l’essence même du blues ? Vous l’auriez fait différemment si vous étiez resté aux États-Unis ?

Je le pense oui. Vivre en Europe signifie qu’il faut se faire à leur coutume et leur style de vie. J’ai eu la chance de jouer avec plusieurs musiciens de blues. Ils avaient tous un message et une magnifique connexion avec celui-ci. Je l’aurais certainement manqué si j’étais resté en Caroline du Sud. Je suis très heureux d’avoir pu rencontrer le blues dans ce pays et d’avoir pu être en contact avec tous ses musiciens. Ils n’ont peut-être pas tout le crédit que les grandes stars américaines ont mais je n’en attache aucune importance.

Qu’en est-il du gospel et de la country ? Est-ce que la musique de votre enfance influence votre blues ?

Ça a une grande influence. J’essaie d’apporter à chaque chanson des flaveurs du gospel et de la country. Ça fait partie de moi et j’ai un message à faire passer alors j’utiliserai toutes ces influences pour le délivrer.

Quel est ce message ?

L’amour est la clé. Dans mon dernier album, le message serait plutôt qu’il est temps d’aller de l’avant. Il est temps de se rassembler et de s’aimer. On voit tous les jours tellement de conflits et de choses terribles arriver. On est tous connectés à chacun d’entre nous. On est des frères et des sœurs et il est temps pour nous de se retrouver et s’entraider plutôt que se battre les uns contre les autres.

« Love is the Key » est le titre de votre premier album, mais aussi d’une chanson que vous avez dédié à votre femme. Est-ce que cela signifie qu’elle est la clé de votre succès ?

Je n’avais jamais pensé à ça comme ça, mais je peux vous assurer que c’est une grande part de mon succès. Dans chaque album, j’écris une chanson pour elle parce que sans elle, je n’aurai jamais été là où je suis maintenant.

Laura

Si nous étions censés rester sur place, nous aurions des racines à la place de nos pieds.

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