Benjamin Biolay – « Volver »

Par Jonas  •  3 Mai 2018 à 07:00  •  Albums  •   71 views

Il est de ces artistes qui n’ont pas brillé à leurs débuts et qui possèdent leurs défauts, mais dont certains albums, soudain, témoignent d’une hauteur artistique indéniable. C’est le cas du dernier album de Benjamin Biolay, dont le plus récent est « Volver ».

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Un album puisant son atmosphère dans Paris, Rome et Buenos Aires, villes très chères à Benjamin Biolay, comme il l’a évoqué dans différents entretiens ces dernières années. Un véritable album également, comme on en faisait encore dans les années 70, puisque malgré sa variété instrumentale, il reste fidèle à une véritable identité littéraire – c’est l’avantage d’être le fruit d’un auteur-compositeur-interprète – et à une atmosphère musicale cohérente, marquée par la voix rauque du (plus si) benjamin (que ça) et une production artistique moderne.

« Volver », c’est aussi un bel exemple d’héritabilité des propriétés : si l’album est très intéressant dans son unité, alors à leur tour, les morceaux le sont également. Nous allons en mentionner seulement trois. A commencer par le titre éponyme, pour sa musique si proche de son compositeur, mais aussi ses paroles, dont celles du refrain :

« La vie n’aime pas qu’on la regarde dans les yeux
Elle peut te faire croire par mégarde qu’elle est deux
Mais elle n’est qu’une
Sans rancoeur, ni rancune aucune. »

‘La mémoire’, ensuite, résonne comme une expérience partagée par nous autres, hommes qui avons laissé des femmes sur le chemin, et qui avons des regrets. Des regrets certes injustifiés, qui s’annuleraient au contact de la réalité ; mais des regrets quand même. Plus magistral encore, le morceau ‘Happy hour’ est mon grand coup de cœur, laissant place à une émotion artistique sans précédent, basée sur la voix de Catherine Deneuve qui a rarement été autant mise en valeur.

 

« Volver »

Benjamin Biolay

19 mai 2017
 
Auteur:

La période sacrée de la musique a commencé à la fin des années 60 et s’est arrêtée au début des années 70. Heureusement, il y a quelques exceptions ! Polnareff est mon Dieu, sinon j’adore Thiéfaine, Sheller et quelques autres.

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