Beck – « Colors »

YannickPar Yannick  •  25 Oct 2017 à 07:00  •  Albums  •   56 views

Ce début d’automne marque le retour dans les bacs du petit génie de l’indie rock Beck. L’Américain a (enfin) livré « Colors », son nouvel album, le 13 octobre. Un disque qui n’a pas fait que des heureux.

Révélé au milieu des années nonante, dans une Amérique qui se relevait tout juste de l’écroulement du mouvement grunge, Beck a très vite été propulsé en nouvel héros de la scène indé. Il a séduit par sa capacité de réinventer les genres établis, en les mélangeant. Capable comme personne de passer de la folk-blues au hip-hop, et de la country à la bossa nova, Beck a signé coup sur coup deux des meilleurs albums de la décennie, « Mellow Gold » (1994), et son intemporel single ‘Loser’ et « Odelay » (1996). Pour être complet, il faudrait également citer « Midnite Vulture » (1999) et son énergie funk.

Rattrapé par la vie et la déception amoureuse, Beck s’est fait un Bob Dylan de lui-même en 2002 avec l’album « Sea Change ». Un disque folk introspectif fait de réflexions sur la tristesse et la solitude, comme l’avait fait son aîné en ’75 avec « Blood On Tracks ». Un ton folk qui lui sied plutôt bien, puisqu’il signe en 2014 l’un de ses meilleurs disques en « Modern Phase ». Disque cette fois-ci inspiré par l’univers du Canadien Neil Young. De Loser à Loner. Album qui permet à Beck de mettre la main sur trois Grammy Awards, dont celui de l’album de l’année, remis des mains de Prince.

Retour en demi-teinte

Repoussé à plusieurs reprises -il était prévu initialement pour 2015- ce nouvel effort a été marqué par plusieurs rendez-vous manqué. Beck voulait d’abord une collaboration avec Pharrell Williams. Et si l’association de ces deux fiers porteurs de chapeaux semblaient réjouissante, elle tombe à l’eau en raison d’un problème de calendrier. Chance The Rapper était également pressenti pour poser quelques mots sur le disque, finalement non. C’est donc seul, comme il l’a toujours fait, que Beck a produit ce nouveau disque. Enfin, seul, pas tout à fait ! Il s’est largement reposé sur Greg Kurstin. Clavieriste sur la tournée de Sea Change, le Californien est depuis devenu l’un des producteurs les plus en vue de la pop, collaborant avec Adele –‘Hello’ c’est lui- Ellie Goulding, Sia ou Lily Allen. Une union qui a pour effet de faire entrer la musique de Beck dans le moule des productions pop actuelles, lissées à l’extrême, et à la voix formatée par les effets studios.

Mais qu’on soit clair. Nous ne sommes pas ici pour blâmer Greg Kurstin. Le producteur a fait du beau boulot.  » Colors » n’en demeure pas moins un très bel album pop qui saura sans aucun doute se tailler une bonne place sur les ondes FM. C’est simplement que personne ne s’attendait réellement à ça de la part de Beck. Car, et c’est peut-être la malédiction du génie, lorsqu’on a été capable de mettre la barre si haut par le passé, les attentes sont toujours extrêmement élevées.

 

« Colors »

Beck

13 octobre 2017
 
Auteur:
Yannick

Une semaine est composée de sept jours, une guitare possède six cordes et la main humaine compte cinq doigts. Bizarre, non ?

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