Wolfmother

OlivierPar Olivier  •  14 Avr 2014 à 23:05  •  Australie, Tour du Monde  •   63 views

On a connu des dossiers du mois plus difficiles que celui-ci. L’Australie regorge en effet de groupes confirmés et de jeunes pousses de haut-niveau, principalement éparpillés entre Sydney, Melbourne et Brisbane.

Mes collègues vous ont déjà un peu parlé du hip-hop, me voici aujourd’hui avec un bon gros coup de rock puisque je débarque avec Wolfmother.

Certes, vous pourrez me dire que je ne fais pas dans la surprise, mais c’est très clairement le groupe d’Océanie que j’ai le plus écouté et que je continue de placer sur ma platine quasiment toutes les semaines. Et puis merde, on n’entend que rarement de l’autant bon heavy rock, alors c’est difficile de passer à côté.

Ruelles glauques et cachets en bière

Wolfmother est de ses groupes qui ont dû passer par des années d’apprentissage de la vie d’artiste anonyme et de concerts dans des mitards de fond de villes avant de pouvoir percer. Formé en 2000, la première signature arrive en 2004, sur le label national Modular Records. La troupe est alors dans sa formation initiale, composée d’Andrew Stockdales qui assura le chant et la guitare, Chris Ross qui tient la quatre-cordes et Miles Heskett qui opère aux tambours de guerre.

Première sortie, l’EP « Wolfmother » sur lequel est présent quatre titres qui se retrouveront sur l’album à suivre et deviendront des classiques : ‘Dimension‘, ‘Woman‘, ‘Apple Tree‘ et ‘White Unicorn‘. La pierre angulaire est posée et cet avant-goût plu aux radios locales qui diffusèrent le rock du trio avec parcimonie, leur assurant ainsi une belle promotion.

« Wolfmother« , le Saint Graal

Après avoir bourlingué dans leur pays et un peu partout autour du globe, une résidence à Los Angeles pour enregistrer un premier long-format est agendée. On y retrouve aux commandes du son David Sardy, producteur pas connu pour être un manche, ayant notamment bossé avec Slayer (« Undisputted Attitude« ), Oasis (« Don’t Believe The Truth« ), Jet (« Get Born« ) ou encore sur le très bon « The Thirteen Tales From Urban Bohemia » des Dandy Warhols.

« Wolfmother« , l’album cette fois, sort à la fin octobre 2005 et va faire du bruit, au sens propre comme au figuré. Nous y retrouvons les quatre titres précités ainsi que neuf autres compositions qui imposeront la marque de fabrique des Australiens : un heavy rock baraqué, des envolées de guitares plus virulentes qu’un kangourou belliqueux, une basse plus épaisse encore que du vegemite, un chant haut-perché, un psychédélisme ambiant et un penchant pour les morceaux à rallonge.

En près de cinquante-quatre minutes, la bande met tout le monde d’accord et se fait définitivement une place sur le marché du rock’n’roll, notamment grâce à deux tubes : le fulgurant et très garage ‘Woman‘ ainsi que l’hymne-hommage à Jimi Hendrix, ‘The Joker & The Thief‘ (en bas de page).

Si vous devez posséder un disque de Wolfmother, c’est celui-ci.

 

Oeuf cosmique et turbulences

La route les attend évidemment après cet album. Sur scène, le trio et ses musiciens de soutien gagne le respect du public grâce à ses prestations carrées, endiablées et aux forts relents de 70’s, Led Zeppelin en tête évidemment. Le groupe est également bien aidé grâce à une utilisation importante de ses morceaux dans des films et autres jeux vidéos (Very Bad Trip 1 et 3, Shrek 3, la série Misfits, Tony Hawk’s Project 8, MotorStorm, Guitar Hero II, …).

Seulement voilà, après quelques saisons de tournées, en 2008, Heskett et Ross quittent le navire. Stockdale se retrouvent donc obligé de trouver de nouveaux chevelus pour continuer l’aventure. Il le fera avec Aiden Nemeth à la seconde guitare, Ian Peres à la basse/claviers et Dave Atkins aux fûts. Cette deuxième formation composera et publiera le second album en 2009 : « Cosmic Egg« .

Moins connu que son prédécesseur, cet opus est une version améliorée de tout ce qu’à fait Wolfmother jusque là. Tout y est plus fort, plus travaillé, plus épique. Aucun tube ne sortira de ce disque, mais il reçoit, à juste titre, de très bonnes critiques de la part des médias et du public. La grosse ressemblance du groupe au Sabbath d’Ozzy Osbourne est une formule qui ressort souvent, quelques reproches de vouloir trop y ressembler ainsi qu’au Zeppelin émergent, mais Stockdale les écartera rapidement.

Une nouvelle fois, un tour du monde attend la troupe et l’année suivante sera placée sous le signe du live.

Wolfmother – ‘Cosmic Egg’

httpa://www.youtube.com/watch?v=zO7b9O-8oSU

Rebelote et surprises

Rares sont les groupes de rock à garder la même line-up. Wolfmother le prouve puisque de nouveaux changements de membres ont lieu après « Cosmic Egg« .

Atkins se casse pour profiter davantage de sa famille, Will Rockwell-Scott se barre également. Côté arrivées, Hammish Rosser accompagné de Vin Steele les remplacent et un orguiste débarque, Elliott Hammond (nom parfait pour jouer de l’orgue d’ailleurs – NdA). Tout ça pour pas grand chose, puisque rien ne se passera de très concret… à part un long silence.

Il faut attendre mars 2013 pour que Stockdale annonce un nouvel album, « Keep Movin« , mais qui sera publié sous son nom, en solo, malgré la présence de membres de Wolfmother. C’est alors qu’il déclare que le groupe n’est pas sûr de revenir un jour, un hiatus ayant eu lieu. Les fans sont alors partagés entre le plaisir d’un bon disque tout frais et la tristesse d’une séparation.

Peu d’informations circuleront par la suite jusqu’au 23 mars de l’année en cours, date à laquelle le combo australien a surpris son monde en publiant du jour au lendemain son troisième opus : « New Crown« .

Un LP dans la droite lignée de ses grands frères : compact, épique, tourbillonnant. Un épisode qui souffre néanmoins d’un son mal négocié. Les voix sont inégales, la basse semble étouffée par les autres instruments et les guitares bavent un peu, par moments. Il faut néanmoins retenir ‘New Crown‘, ‘Tall Ships‘ et ‘I Ain’t Got No‘ comme de belles réussites. Onze titres pour quarante-cinq minutes, crées en trio par Stockdale, Peres et Steele, diffusé sur Internet par le biais de la page BandCamp du groupe qui ont néanmoins su ravir les fans, qui ne s’attendaient plus à revoir la troupe de sitôt.

Une tournée est évidemment en cours, actuellement aux États-Unis puis qui devrait passer par notre Vieux Continent à partir de mi-juin.

Préparez vos rouflaquettes et vos tignasses en conséquence.

httpv://www.youtube.com/watch?v=UEtafqDphfg

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