Bodyjar

PatrickPar Patrick  •  21 Avr 2014 à 18:30  •  Australie, Tour du Monde  •   25 views

Comme tous les pays anglophones qui se respectent, l’Australie a connu sa vague Punk. Brisbane a été un peu la scène phare de l’ancienne colonie britannique dès le milieu des années 70 et des groupes comme The Leftovers ou Fun Things. Un son hérité des années 60, mélangeant les influences Rock « traditionnel » et des saveurs plus fleuries des pubs des différentes cités.

La décennie suivante verra débarquer un des musiciens les plus influents de sa génération : Nick Cave. Avant de se faire connaître en son propre nom, il avait monté son groupe: Boys Next Door. Mais laissons à l’histoire à ce qui lui appartient, Nick Cave saura nous pardonner.

L’Australie est le seul pays au monde à connaître l’ornithorynque, savez-vous d’ailleurs qu’une dizaine de personnes par années périssent de son douloureux poison ? Eh ouais ! L’Australie mec ! Bref, là où je voulais en venir c’est que l’île principale du « continent » océanien est un paradis pour les surfeurs, rien à voir avec le mammifère qui pond des œufs de tout à l’heure, mais on s’en moque. Il était donc presque naturel de voir le Punk-Rock débarqué à nouveau dès le début des années 90. Cette fois on oublie Brisbane, c’est à Melbourne que ça se passe. The Living End, Frenzal Rhomb, 28 Days et, ceux qui nous intéressent aujourd’hui, Bodyjar, tous ces groupes ont participé à mettre l’Australie sur la carte du Punk-Rock. A tel point que le Warped Tour ira y faire un tour dès sa première édition en 1995, nous on a dû attendre jusqu’en 2013… Passons.

Du son californien de l’hémisphère sud

En rejoignant très vite le label Shock – plus important label indépendant de l’île – Bodyjar s’est offert la possibilité de tourner avec des groupes comme Pennywise et Lagwagon, cela même au-delà de l’océan Pacifique. La raison est simple. Chaque continent a son label qui fait également office de distribution pour les disques venant de l’étranger. Des accords se créent entre les différents offices et ainsi, par exemple Shock, devient la maison de disque de tous les artistes Epitaph en Australie. Ils proposent des morceaux supplémentaires dans des versions destinées spécifiquement pour le pays, ils organisent les tournées, font des compilations ce qui permet de placer des jeunes groupes, comme Bodyjar.

httpa://www.youtube.com/watch?v=XLyUR0hYXXc

Ainsi la bande de Melbourne prend vite du gallon et peut faire tourner dès 1995 son album « Take a Look Inside » qui ne connaîtra pas un grand succès outre-Pacifique. Pour cela il faudra attendre l’année suivante et la série de concerts en Amérique du Nord en compagnie de Blink 182. Leur galette « Rimshot ! » sous le bras, Bodyjar connaîtra le premier grand tube ayant marqué leur carrière avec ‘Next To You’ (ci-dessus). Eh oui ! C’est un cover de The Police qui fera la renommée du groupe australien. Comme quoi il n’a pas fallu attendre Goldfinger et leur reprise de ’99 Luftbalons’ quelques années plus tard pour que des groupes se fassent repérer pour leurs copies.

La force (des) majors

Pour la pleine reconnaissance il faudra attendre 2000 et un déferlement de Punk-Rock australien qui va emporter Bodyjar dans ses vagues. Cette année-là le public ne les connaissait pas, pourtant The Living End, Frenzal Rhomb et Bodyjar vont tout arracher sur leur passage. Les premiers nommés sortent « Roll On » chez EMI, les seconds nous gratifient d’un « Shut Your Mouth » de grande qualité sur Epic (Sony) avant de rejoindre Fat Wreck Chords, et, évidemment Bodyjar. Les gars de Melbourne quittent l’indépendance de Shock pour s’engouffrer dans la brèche EMI. L’album se nomme « How It Works » et vous avez tous entendu au moins une fois ‘Not The Same’ (ci-dessous).

httpa://www.youtube.com/watch?v=36a6KI6o9VY

Eh oui mes amis ! La force des publicités et des jeux vidéo. L’année suivant la sortie du disque le single est placé dans de multiples production vidéoludiques comme « Tony Hawk’s Proskater 3 » et « ESPN Proboarders » mais également dans la campagne de Pepsi en Australie. Le morceau tourne en boucle sur les stations anglophones et la carrière du groupe peut prendre son envol. Ils sont sur tous les plateaux TVs ce qui n’a pas tellement plu aux différents membres du quatuor.

Envie d’indépendance

Le groupe n’a pas apprécié avoir été traité comme une marchandise, ils décident de ne plus travailler sous l’égide d’EMI tout en honorant, malgré tout, le contrat qui les lient. En 2002, ils reviennent avec « Plastic Skies » et surtout le single qui fera revivre le groupe en tant que musiciens ‘One in a Million’ (ci-dessous). Malheureusement, le succès commercial n’est pas au rendez-vous et la reconnaissance établie avec « How It Works » ne suffit plus dans un univers Punk-Rock ultra-dominé par les copains américains. Bodyjar est presque trop attaché à son île pour réussir dans une concurrence pareille, surtout quand on refuse de faire marche la machine commerciale EMI.

httpv://www.youtube.com/watch?v=SXiecZtAniA

Malgré quelques ruptures à l’interne, Bodyjar ne semble pas souffrir de ce manque de popularité. Ils quittent EMI après « Plastic Skies » pour retourner chez Shock et leur dernier album intitulé simplement « Bodyjar ». Ils continuent de faire les tournées en compagnie des grands noms du Punk-Rock en Australie mais ne sortent pratiquement plus des frontières du pays. En 2009 ils disent stop.

Mais l’appel de la scène est trop fort. Surtout lorsque Jaddan Comerford, un bon ami du groupe vient les voir en 2011 et propose de ressortir les albums du groupe en vinyle. Le groupe signe directement et ils repartent pour une dernière tournée, ce sera avec les Descendents. Les gaillards sont revigorés et décident qu’avec l’argent engrangé ils enregistreront un dernier album. C’est chose faite en 2013 et la sortie de « Role Model ». Un excellent album, dans la lignée Pop-Punk des débuts, avec de bonnes sonorités 90’s. Le single ‘Hope was falling’ est d’ailleurs marqué par la présence amicale de Joey Cape (Lagwagon). Je ne peux que vous conseiller de mettre la main dessus, il est évidemment signé sur le label de Jaddan Comerford : UNFD.

httpv://www.youtube.com/watch?v=nfFGvDSmsGY

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