Anna Aaron – « Neuro »

AlexPar Alex  •  27 Fév 2014 à 07:00  •  Albums  •   3 views

Des rythmes tribaux à l’évangile en s’arrêtant maintenant auprès de la musique électronique, Anna Aaron ne cesse de se réinventer et d’élargir sa gamme musicale dont le fil conducteur reste un piano enjoué et une voix ici caverneuse et là limpide. La suissesse nous revient avec son nouvel album « Neuro » qui sortira demain en Suisse. LeMurDuSon.ch l’a écouté en avant-première pour votre plus grand bonheur.

Anna_Aaron_Press_Picture_5_by_Sabine_Burger

Nous connaissons la bâloise pour l’intensité ténébreuse de sa musique. Elle l’avait démontré dans « Dogs In Spirit » où les compositions devenaient moins naïves que lors de son premier opus « I’ll Dry Your Tears Little Murderer »Déjà le désir d’explorer les limites de son piano devenait alors plus présent comme le montre notamment sa collaboration avec Erik Truffaz pour le morceau ‘Drainout’ (ci-dessous).

Que dire de « Neuro »? Beaucoup. Trop. Saisir l’univers de ce troisième album en quelques phrases s’avère compliqué tellement il est varié. Mais on tâchera d’être précis et concis.

La première surprise nous vient d’un nom: Jason Cooper, plus connu comme le batteur de The Cure. Comme on l’entend sur ‘Stellarling’, la batterie revient plus forte et lourde en s’accordant à la légèreté de claquements de mains comme dans ‘Linda’.

De la magie? En voilà!

Les mélodies gardent le ton clair-obscur des débuts mais gagnent en poussière d’or comme on l’écoute sur le piano volant et les vocalises de ‘Sutekina’. Dans l’ensemble, il y a réellement une pépite musicale: ‘Simstim’. On y entend le marxophone, cousin du hackbrett appenzellois, qui étonne mais convainc par le caractère éthéré qu’il donne à ce morceau qui termine en beauté l’album.

On remercie pour cela deux membres de Bat For Lashes: David Kosten et Ben Christophers. Le premier pour la production de l’album et le second pour l’idée d’avoir apporté dans ses bagages cet instrument plutôt rare dans les compositions actuelles. Il voulait juste essayer quelque chose. Et quel essai! L’univers de Anna Aaron se déleste ainsi d’un certain poids et côtoie les nuages dans le calme stoïque d’une montgolfière en vol.

Crépitements électroniques

Bien qu’on pourrait regretter, à raison, le son acoustique du premier album, les escapades en terre électronique n’abondent heureusement pas. Ce changement de tonalités débute pile au milieu de l’album avec les riffs de ‘Off’, passe ensuite par le beat doucement house de ‘Doubleclub’ avant de s’intensifier dans la rave expéditive et contemplative de ‘Heathen’ pour terminer enfin dans le plus destroy et énergique ‘Totemheart’.

Des surprises? Oh oui!

Beaucoup et cela devrait jouer en faveur de Anna Aaron qui montre une fois de plus au monde qu’elle possède vraiment du talent et la capacité de rendre sa musique cohérente. Mais heureusement qu’elle n’oublie surtout pas ses cours de chants en restant bien loin du tueur qu’est l’auto-tune.

À découvrir: un portrait plus détaillé en mars dans le journal La Cité.

httpv://youtu.be/0bOiA8q6yhY

« Neuro » est disponible dès le 28 février 2014 sur le bandcamp de Anna Aaron.

Two Gentlemen – 2014

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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