Andrew Bird – « Noble Beast »

AlexPar Alex  •  7 Fév 2012 à 08:12  •  Albums  •   23 views

Une combinaison de voix, de violons, de guitares, de glockenspiel et de sifflements résument le mieux la musique de cet homme-orchestre originaire de l’Illinois. Cet artisan musical fabrique avec soin les mélodies comme un jeu. « Noble Beast » est d’ailleurs un conte musical à savourer comme un bout de nature auquel on tient! Il confirme le talent du monsieur.

Andrew Bird, c’est avant tout un violoncelliste classique qui a perdu la tête et s’est alors inventé homme-orchestre et vagabond musical. Un homme un peu fou mais surtout génial qui produit à la chaîne, mais avec soin, des mélodies qui portent, qui transportent, qui emportent. Le plus beau, c’est qu’il les revisite avec aisance d’un concert à l’autre. J’ai pu le constater lorsqu’il est venu au Romandie de Lausanne en novembre 2007. Oui, ça fait un bout de temps, mais je m’en souviens très bien d’autant plus que la première partie n’était rien de moins que les suédois désormais reconnus de Loney Dear. D’ailleurs, ce groupe apparaît dans le morceau ‘The Privateers’ de l’album « Noble Beast ». C’est dire qu’en plus de savoir faire de la merveilleuse musique, et bien, Andrew Bird aime la merveilleuse musique !

Mais sa spécialité reste la composition. Il entretient en effet très tôt une relation exceptionnelle avec le violon et plus largement avec la musique. Ainsi, il en joue dès l’âge de 4 ans. Il apprend à l’oreille un répertoire classique durant sa formation. Oui, c’est ce qu’on appelle un virtuose en langage commun ! Son parcours musical devient encore plus intéressant et s’étoffe lorsqu’à l’adolescence il se dirige vers la musique hongroise des Gypsy, le jazz, la country, le blues et la musique d’Inde du Sud. Mais il découvre aussi et surtout une capacité étrange de sifflement. Ce qu’il applique avec précision depuis le début de sa carrière.

 

Son premier album « Weather Systems » révélait, déjà en 2003, un univers hors norme comme le montre ce concert à l’emporter de l’époque. La presse parlait d’un mélodiste hors pair. Je préfère parler d’un homme simple né pour faire rêver et construire des mélodies comme des contes qui s’assemblent, se propagent et se racontent. Dans la vidéo, il est juste là, à marcher dans les rues de Montmartre avec son violon, enfin sa guitare, bref son instrument. Il nous offre simplement une virée entre potes orchestrée en toute légèreté comme un chant d’oiseau. Une musique qu’on ne peut aucunement catégoriser.

Sa musique, il l’a d’ailleurs expliqué avec générosité et mesure après mesure le temps de quelques publications sur un blog du New York Times. Rien que ça !
C’est d’ailleurs réellement intéressant pour tout musicien ou amateur de musique. Il y dissèque, en anglais of course, la composition musicale comme il l’entend. Au même titre que d’autres artistes de tout horizon publiant également sur la page. Il y dévoile notamment le cheminement qui l’a mené vers le magnifique ‘Oh No’ qui ouvre l’album « Noble Beast« .

C’est dès lors l’occasion de toucher quelques mots sur ce conte musical qui nous emmène tout droit dans les brindilles d’herbe d’un champ printanier. L’odeur de foin frais n’est pas loin et le soleil brûlant les champs de blé non plus.  Avant tout, il faut que je vous conseille vivement d’acheter la version deluxe de l’album. Pour deux raisons : d’une part elle comprend « Useless Creatures« , un recueil de neuf morceaux instrumentaux qui valent le détour. Et d’autre part de très belles illustrations de Diana Sudyka racontent les morceaux d’Andrew Bird. Et tout cela dans un coffret en papier qui démangerait même le doigt d’un mélomane complètement numérisé. D’accord, j’arrête de divaguer. Mais il y a tant de choses à dire au sujet de cet artiste que je ne peux plus vraiment m’arrêter.

Venons-en donc à la musique. « Noble Beast » s’inscrit naturellement dans la lignée des albums du violoncelliste de Chicago. Maitrisé, peut-être trop; certains pourraient en effet considérer à très juste titre ses orchestrations comme trop lisses et répétitives.  Toutefois, les morceaux réussis ne sont-ils pas les plus simples ?
Ceux qui évoquent avant de toucher vraiment. Ceux qui nous font oublier l’endroit où l’on se trouve pour dévoiler un territoire nouveau. Ceux qui transportent, quoi. Je le pense en tout cas. Même s’il m’a fallut, je l’avoue, trois bonnes écoutes pour que l’album m’emporte complètement dans une autre dimension. C’est la réussite des plus beaux morceaux ! Ils se laissent désirer avant de faire partie de nous.

Ensuite, j’ai découvert le léger balancement de ‘Effigy’, les vagues mélodiques de ‘Nomenclature’ ou encore l’électricité de ‘Not a robot, but a ghost’. Tous ces morceaux forment ainsi un ensemble où l’on sent les champs se lever et redescendre sous l’impulsion d’un souffle chaud, d’un sifflement d’oiseau, d’un orchestre porté par le vent. Le sommet de l’album, ‘Anonimal’, est à voir et à écouter dans une version acoustique via notre chaîne YouTube dans la playlist des groupes chroniqués. Découvrez et appréciez.

Le morceau ci-dessus me permet, avant de conclure, d’annoncer la parution début mars prochain du nouvel album d’Andrew Bird: « Break It Yourself » ! À suivre.

J’espère par conséquent que cet homme de l’Illinois qui revient bientôt dans les bacs se perdra quelque part dans vos oreilles. Parce qu’il mérite clairement un détour auditif. Nulle ambition de puissance, il compose à l’ancienne et en impose ! Du classique à l’expérimental, en passant par la justesse d’une simple mélodie, il ne connaît aucune limites. La virtuosité du personnage doit être écoutée.

Site officiel

Fat Possum Records / Bella Union – 2009

Alex

De Brel à Fink en passant par Louis Armstrong et Sigur Ros, voilà ceux qui me marquent et touchent. La musique doit être un voyage, un envol et un rêve. Réveiller l’âme. Veiller l’être. Dévoiler le cœur.

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