Suns of Thyme

OlivierPar Olivier  •  23 Jan 2014 à 23:52  •  Allemagne, Tour du Monde  •   48 views

L’Allemagne est une terre aux musiques magiques. Capables de créer autant du très bon que de la daube kitchissime, nos voisins teutons fascinent.

Une de leurs plus notables créations reste le krautrock ou rock du chou dans notre langue. Particulièrement représenté dans les années 70, ce style musical unique n’a jamais été un courant influant majeur, mais n’a jamais disparu complètement de la circulation non plus, se permettant des périodes de regain d’intérêt de temps à autres.

Actuellement dans une phase de popularité plutôt basse, le krautrock évolue sous la surface des océans radiophoniques, attendant tranquillement sa nouvelle heure de presque gloire. Mais popularité plutôt basse ne veut pas dire qu’il n’avance pas, ne nous y trompons pas.

La preuve notamment avec le groupe Suns of Thyme, l’un des capitaines actuels de l’insubmersible vaisseau.

Rock du chou, kesako ?

Fils du rock progressif, le krautrock est né à la fin des années 60 en Germanie, plus précisément du côté ouest du Mur de Berlin. Ce nom insolite n’a évidemment pas été inventé par les Germains, mais par les Anglais qui s’inspirèrent d’une chanson de l’un des groupes phares du mouvement : ‘Mama Düül und Ihre Sauerkrautband Spielt Auf‘ d’Amon Düül. Les intéressés, eux, préféraient utiliser le terme de kosmische musik.

Un terme qui cerne d’ailleurs bien ce qu’est que le krautrock, une ballade cosmique balisée grâce à un savant mélange de rock progressif, de rock psychédélique, de musique expérimentale et d’une liberté d’improvisation proche de celle du free-jazz. A tout ceci peut s’ajouter un peu n’importe quoi, du jazz avant-gardiste à la musique classique ou contemporaine. Les sons électroniques y ont une importance majeure et ce, depuis l’heure de gloire des années 70.

Si tout cela vous interpelle, voici quelques noms à re(découvrir), exemples parfaits de ce qu’est que le rock du chou : Amon Düül, Neu!, Can, Ash Ra Tempel, Kraftwerk, Tangerine Dream ou encore Faust (ci-dessous). Il y en a bien sûr beaucoup d’autres, mais je vous laisse fouiller le reste du net vous-mêmes, la surprise n’en sera que meilleure.

httpa://www.youtube.com/watch?v=GRxvQmTTz5I

Berlin, XXIè Siècle

Retour à notre époque, direction Berlin, sans son Mur cette fois. Le krautrock « originel » n’existe plus, mais il a su marquer les esprits des nouvelles générations.

C’est de là que nous viennent Suns of Thyme et ces derniers font partis de cette nouvelle génération. Suns of Thyme, c’est un joyeux quartet né en 2011 et qui s’amuse à créer des petites perles de krautrock moderne, entre psychédélisme et shoegaze. Ils nous ont livré l’année passée un tout premier album de très bon goût intitulé « Fortune, Shelter, Love and Cure« .

En dix titres et quarante minutes de musique, ils arrivent à nous attraper par les tripes et à nous déconnecter l’encéphale au passage.

S’ouvrant sur un ‘Violent Eyes‘ sombre et à la rythmique tribale, ce long-format nous fait essayer plein de pilules différentes, nous faisant passer d’une émotion à une autre à chaque morceau. Les rythmes accélèrent puis ralentissent, les trips mélodieux se multiplient (‘Soma‘, ‘Blue Phoenix Tree‘ ci-dessous) , la basse vrombit comme un moteur de VW parfaitement rodé (‘The Way‘, ‘One Song‘), les expérimentations intriguent (‘Cataclysm 2084‘, ‘Asato Maa‘), les notes de guitares s’éparpillent aux côtés des étoiles et nous laissent seuls face à nous-mêmes. Une chose demeure cependant, inéluctable et impénétrable : la voix du chanteur Tobias Feltes, qui nous guide tout au long de cet album avec une froideur paradoxalement rassurante.

Les compositions s’enchaînent les unes après les autres à une vitesse fulgurante malgré leurs durées plus que respectables et c’est sur un ‘Earth, Over‘ que notre retour sur la terre ferme se fait, bande-son parfaite à la guitare acoustique et au chant lancinant.

Mesdames et messieurs, « Fortune, Shelter, Love and Cure » est un grand premier album, un anti-routine redoutable à déguster au casque dans un fauteuil, les yeux fermés et l’esprit libre.

Dans ces conditions, ce voyage introspectif ne peut qu’être sublime.

httpv://www.youtube.com/watch?v=hmkY5pI5a1w

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