Alice Roosevelt: «En Romandie, t’es partout à la maison»

PatrickPar Patrick  •  16 Juin 2018 à 19:02  •  Festivals, Interviews  •   41 views

Ah qu’ils sont sympas ces Nyonnais. Un quart d’heure de sérieux et de rigole sous l’ombre de la place arborée de l’espace presse de Festi’Neuch. Au bord d’un lac, les gaillards n’étaient pas trop dépaysés et tant mieux.

C’était quelques minutes avant un show tout en maîtrise et en plaisir que David (guitariste) et Cyril (basse) ont répondu à quelques questions. De Nyon, les gens connaissent le Paléo Festival et pour les plus pointus Nyoncore, association punk/hardcore de la place (où votre serviteur a fait ses premières armes à l’écrit), il faudra dorénavant compter avec Alice Roosevelt. C’est du bon, donc soyez-là lors de leur prochain passage près de chez vous.

Montreux, Paléo, Festi’Neuch, les Georges, la prochaine étape c’est le Gurten ou le Glastonbury?
Rock Altitude pour ce qui est déjà confirmé (rires). Plus sérieusement, finir de composer un album, arrêter de faire des concerts, sauf opportunités exceptionnelles et une fois l’été terminé, nous voulons nous focaliser pour pouvoir sortir quelque chose à la fin du premier trimestre 2019.

Après 2 EP, quelques titres par-ci par-là, vous sentez que c’est le moment?
Au début, notre idée c’était de sortir des morceaux pour que le public puisse entendre ce qu’on pouvait offrir. Nous n’avions pas beaucoup de morceaux. Nous en avons choisi cinq pour les mettre sur un premier EP, ça s’est fait un peu comme ça. Nous ne voulions pas non plus balancer tout ce qu’on avait d’un coup, histoire de tester un peu en live, voir ce que cela pouvait donner. C’est ce qui a amené le deuxième EP. Maintenant l’étape suivante pour aller à Glastobury c’est un album. Nous planchons dessus et nous sommes déjà bien avancés. Il faut aussi souligner que nous faisons tout nous, dans notre local, du coup cela prend peut-être un peu plus de temps vu qu’on se permet de le prendre ce temps.

Eté des festivals, vous faites aussi pas mal de salles durant l’année, laquelle des deux ambiances à votre préférence?
Les deux sont cools, c’est cliché mais c’est vrai. Par contre quand tu joues dans un club bien blindé avec les gens proches ça n’a pas vraiment son pareil. Festival, souvent t’as des barrières et le public est à 10m de toi. Mais ça reste assez classe un festival, surtout avec le temps qu’il fait. Et jouer en journée ça permet d’aller voir d’autres concerts, chiller et te balader. Mais j’ai une préférence pour les clubs quand mêmes.

Comment cela se fait qu’il y ait autant de bons groupes qui sortent de Nyon?
Ce n’est pas que à Nyon, il y a une scène genevoise qui est en train d’éclore aussi. Mais ce n’est pas nouveau non plus, il y a toujours eu des bons groupes, mais d’un coup, il y en a un qui donne le focus sur une scène et amène les gens à écouter ce qui vient du même endroit. Les gens s’intéressent tout d’un coup à une scène particulière. A Nyon les gens se rendent compte qu’il y a plein de bons groupes peut-être grâce à nous après que nous soyons passés à la radio ou quelque chose comme ça. C’est aussi par période. A Nyon il y a eu la période punk-hardcore avec d’excellents groupes comme Blown et Myband, cela nous a amené dans la lumière, grâce à eux. Il y a toujours eu une scène éclectique.

A Nyon, t’es baladé entre Genève et Lausanne, ce soir à Neuchâtel, ville ballotée entre La Chaux-de-Fonds et Bienne, on se sent à la maison?
Quand t’es en Suisse Romande tu te sens partout à la maison, le territoire est tellement petit. La scène romande est une grande famille. C’est pas comme en France, un mec de Roubaix ne se sentirait pas à la maison à Marseille par exemple. Il y a toujours des accroches à droite et à gauche, tu ne plonges jamais dans l’inconnu.

Lac Léman contre lac de Neuchâtel, qui gagne?
Lac Léman, clairement. Il est plus grand, plus gros et c’est la plus belle vue sur la France (rires). Il est plus profond et plus chaud il me semble.

A Nyon, vous étiez plus Fish ou Cactus (des bars du coin, ndlr)?
Fish clairement! Après il y a eu l’ouverture de La Parenthèse. C’est devenu le lieu central de la scène nyonnaise. Les concerts sont gratuits, on a fait notre premier concert là-bas. Ben (le gérant, ndlr) est un gars incroyable, il donne de sa personne, il fait venir des groupes délirants dans sa petite cave, c’est toujours gratuit. C’est parfait, c’est ce qui manquait à Nyon, un endroit un peu underground où les amoureux de la musique peuvent se retrouver.

Est-ce que vous avez tourné à l’étranger, sinon c’est où que vous vous projetez?
En France un peu. Mais pour aller plus loin il faut un album. Avec un disque t’as une plus grosse promotion, une plus grosse démarche en termes de crédibilité. C’est pour cela que nous voulons finaliser cet album. Pour le lieu, ce n’est pas l’Angleterre que nous visons en priorité. Ils ont trop de groupes comme nous. C’est comme si un Anglais faisait du cor des Alpes et voulait venir tenter de percer en Suisse. Rien qu’à Londres il doit y avoir 200 groupes aussi bons que nous. Nous nous dirigeons plus vers l’Allemagne, l’Italie. Pour l’expérience par contre, l’Angleterre ce serait génial, c’est sûr.

Période de Coupe du monde oblige, la dernière question est foot. En étant Nyonnais, on est plutôt Servette ou Lausanne-Sport?
FC Sion…

 

Alice Roosevelt

Festi’Neuch

 
Auteur:
Patrick

Un jour je chasserai la marmotte. En attendant j’écris bénévolement des articles sur des groupes obscurs pour me payer l’attirail nécessaire afin de réaliser mon rêve. La vie, c’est pas facile.

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