JazzOnze+ Festival: l’entente millimétrée de Galliano et Carter

KarimPar Karim  •  6 Nov 2017 à 12:00  •  Live  •   33 views

Richard Galliano et Ron Carter tirent le rideau de l’édition 2017 du Jazz Onze + : émotions palpables et techniques impeccables au service d’un récital de haute voltige mais sans grandes surprises.

On nous annonce que le festival se clôt sur un nouveau record de billets vendus et le public est félicité pour la qualité de son écoute ; la trentième édition, sur le point de s’éteindre, le fait avec le sourire. D’autant plus que, sous les derniers feux des projecteurs, c’est une paire de géants artistiques qui s’apprête à donner de l’accordéon et de la contrebasse.

Ils ont publié un album live en début d’année : « An Evening With Ron Carter & Richard Galliano ». Des retrouvailles, en fait, puisqu’il y avait eu une première il y a bientôt trente ans.

Une entente au millimètre et quelques sourires pour souffler les bougies de chaque titre

Ron Carter donne la mesure : trois claquements de doigts et c’est parti, les compères sont lancés pour nous régaler. C’est ‘Einbahnstrasse’, premier titre du disque, qui voit d’abord Galliano occuper l’espace, avant que l’immense Carter le rejoigne ; les dernières notes et leur interprétation sont joueuses, la salle est ravie.

Sans un mot (pas une parole invitée sur scène, pendant l’intégralité du spectacle), ils passent à ‘Tea fot Toots’. Un morceau qui me fait particulièrement voyager ; je reprends mes esprits au moment des applaudissements, soutenus.

Pour les solos, bravoure et panache

Les compères tournent leurs partitions, puis repartent de plus belle. Tout ceci est somptueux, les morceaux du disque prennent un peu plus d’ampleur, mais il faut attendre le solo de Carter pour que véritablement il se passe quelque chose.

Galliano s’assied, et l’homme qui est presque aussi grand que sa contrebasse commence. Très vite on ne sait plus où on est. On se souvient que sur l’album il s’agit du titre ‘You are my sunshine’ ; c’est bien ça, mais avec davantage de variations ; il gratte des vibrations venues de nulle part qui nous murmurent des frissons dans la nuque. Alors qu’on est déjà conquis, il termine sur une Suite pour violoncelle de Bach qu’il prend un malin plaisir à faire durer.

Avant que Galliano n’occupe à son tour seul le devant de la scène, les musiciens nous interprètent un titre composé par Carter en hommage à un de ses amis pianistes, décédé en 1980 : ‘Blues for D.P.’

Quand Richard commence à déployer son ‘Aria-Libertango’, il a à cœur d’être à la hauteur de la démonstration de son partenaire, quelques minutes auparavant. Il nous démontre alors combien il est un pêcheur d’étoiles : il tient son morceau dans ses filets, parfois il le relâche un peu, pour que celui-ci se débatte ; ensuite il resserre un peu l’étreinte ; le laisse à nouveau respirer ; l’attrape derrière les oreilles, puis finit par le relâcher dans le bleu.

Comment des notes peuvent-elles clignoter et scintiller ? lui seul le sait, mais ciel que c’est bon d’en profiter.

Un dernier morceau et place au caquelon

La suite est au diapason, entre virtuosité et ébauches de galéjades. Une standing ovation nous vaut un ultime envol musical, puis un signe de la main. Comme nous l’apprend l’homme qui a repris le micro : right now, it’s fondue time.

 
Auteur:

 

Karim

Du p’tit pont au sombrero quand un ballon n’est pas loin, en passant par quelques pages humées au café du coin, ou encore un bout de « frome-gomme » avec du pain, tout ça ne vaut la peine que quand y a de la musique, ou bien?!?

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